Dans une œuvre, comme dans toute production en paroles, il y a deux plans :
– il y a ce qu’elle dit, ce qu’elle formule dans son discours comme tel,
– et ce qu’elle veut dire, parce que dans leur sens, séparant le "veut" et le "dire", il y a son intention.
Et puis il semble que nous ne serions pas analystes, tel que j’essaye de faire entendre les choses ici, si nous ne savions pas qu’elle en dit quelquefois un petit peu plus au-delà. C’est même d’habitude en cela que consiste notre approche : c’est de voir ce qu’elle dit au-delà de ce qu’elle veut dire. L’œuvre de Mélanie KLEIN dit des choses qui ont d’ailleurs toute leur importance, qui ont quelquefois d’ailleurs - rien que par leur texte - leur contradiction interne, de ce seul fait qu’elles peuvent être sujettes à certaines critiques qui ont été faites.
Puis il y a aussi ce qu’elle dit sans vouloir le dire. Et une des choses les plus frappantes à cet endroit, c’est que cette femme qui nous a apporté des vues si profondes, si éclairantes sur ce qui se passe, non seulement dans le temps pré-œdipien, mais sur les enfants qu’elle examine, qu’elle analyse à une étape présumée pré-œdipienne, […] il est tout à fait frappant que ce soit dans la mesure même où elle remonte plus au temps de l’histoire prétendue pré-œdipienne qu’elle y voit toujours et tout le temps une permanence de la rogation œdipienne.
Années: 1901 - 1981
Epoque – Courant religieux: récent et libéralisme économique
Sexe: H
Profession et précisions: psychanalyste
Continent – Pays: Europe - France