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morale locale

Chez nous, le départ de Socorrito a suscité un très grand mécontentement.

-Si seulement elle avait quitté Madrid ! - a déclaré son frère Paco, qui avait une conception géographique de l'honneur.

Auteur: Cela Camilo José

Info: in "La ruche" - traduction par le logiciel deepl (!)

[ scandale ] [ réputation ]

 
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Ajouté à la BD par Benslama

répartie

Un gueux demandait noblement l'aumône sur la route de Madrid : "N'êtes-vous pas honteux, lui dit un passant, de faire un métier aussi vil quand vous pourriez travailler ? - Monsieur, répondit le mendiant avec une fierté castillane, c'est de l'argent et non des conseils que je demande."

Auteur: Internet

Info: in le Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, françaises et étrangères d'Edmond Guerard

[ faire la manche ] [ orgueil ]

 

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manière

Le style, c’est la personnalité, quelque chose qui va au-delà des objets qu’on possède et dont on se sert : c’est, si tu veux, une sorte de pull, de collant , de pyjama invisible qui colle au corps et qu’on se tricote soi-même, avec des mots, avec des gestes, avec des choses qu’on a, ou qu’on aime, et qui ne viendrait même pas à l’idée des autres d’aller chercher ; ou bien qu’ils rejettent et même qu’ils méprisent.

Auteur: Chirbes Rafael

Info: La chute de Madrid

[ personnalité ] [ singularité ]

 

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carcan financier

Lorsque j'étais à Madrid, Nicholas Ray m'invita à déjeuner parce qu'il voulait faire ma connaissance. Au cours du déjeuner et de l'entretien, il me dit : "Je vous envie parce que vous faites les films que vous voulez et comme vous voulez." Et moi, je lui ai répondu : "Seriez-vous disposé à tourner un film de cent mille dollars ?" Etonné, il m'a dit non. Vous voyez, il préfère sacrifier sa liberté à son prestige. S'il faisait un film à budget réduit, un film de son choix, on lui refuserait à jamais les films à cinq millions de dollars, il sentirait son prestige s'écrouler.

Auteur: Bunuel Luis

Info: Entretien paru dans "Cinéma 65", n°95, avril 1965 - cité dans "Passage du cinéma", éd. Ansedonia, p.527

[ cinéma ] [ anecdote ]

 

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Ajouté à la BD par Benslama

information

C'est à toi que je pose à présent cette question, non par cruauté mais à titre d'épreuve, voyons, dans quelle phase de la lune nous trouvons-nous ? Tu n'en sais rien mais ne t'inquiète pas, tout le monde l'ignore, ou si quelqu'un le sait ce n'est pas pour avoir regardé la lune, sois-en sûr, mais pour l'avoir lu dans un journal ou un calendrier, l'oncle Jérôme se met à rire et quitte le balcon, lorsqu'on écrira l'histoire des événements actuels on dira que Madrid a été brusquement peuplé d'une avalanche d'hommes et de femmes innombrables et identiques, ce qui sera faux, il n'y en a pas deux semblables et on peut certainement les dénombrer avec de la patience et un peu de méthode, le seul point difficile avec un melon étant de savoir par quel bout commencer...

Auteur: Cela Camilo José

Info: In "San Camilo 1936", éd. Albin Michel, p. 446 - trad. C. Bourguignon et C. Couffon

[ narration ] [ 2e personne du singulier ] [ diversité ] [ crédulité collective ]

 

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Ajouté à la BD par Benslama

retrouvailles

La première conversation téléphonique, celle que lança Pelletier, démarra laborieusement, même si Espinoza attendait cet appel, comme si tous deux avaient eu du mal à se dire ce que tôt ou tard ils devaient se dire. Les premières vingt minutes eurent un ton tragique, le terme de destin fut employé dix fois et celui d'amitié vingt-quatre fois. Le nom de Liz Norton fut prononcé cinquante-neuf fois, dont neuf fois pour rien. Le nom de Paris fut avancé en sept occasions. Madrid en huit. Le mot amour fut prononcé deux fois, une fois par chacun d'eux. Horreur fut prononcé en six occasions et bonheur une fois (c'est Espinoza qui l'employa). Résolution fut dit en douze occasions. Solipsisme, sept. Euphémisme, dix. Catégorie, au singulier et au pluriel, neuf. Structuralisme, une (par Pelletier). Les termes de littérature nord-américaine, trois. Les mots dîner, nous dînons, petit déjeuner et sandwich, dix-neuf. Yeux, mains et cheveux, quatorze. Puis la conversation devint plus fluide.

Auteur: Bolaño Roberto

Info: 2666

[ dissection ] [ dialogue ]

 

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amitié

5 janvier 1940
Me suis découvert des affinités avec un jeune catalan, Jordi de son prénom, militant du POUM, sur le front de Madrid. Nous parlons Garcia Lorca, parlons Lope de Vega, jouons aux échecs. Il est polyglotte, d'une exquise finesse et lettré.
(...)
16 janvier 1940
Nous marchions lentement, en silence, sur la route glissante, sombre malgré la neige fraîchement tombée. En me laissant, il dit : "Je crois savoir que nous, les Espagnols, on nous fera quitter Mittersheim demain ..." Je sens que, tout comme moi, il regrette que notre amitié naissante doive être coupée si tôt. Je le suis des yeux, fine silhouette fantomatique bientôt dissoute dans la nuit où pas une lueur ne brille, lorsque je l'entends qui revient sur ses pas.
- Adios, companero, dit-il. Ah, tu connais ce vers de Byron ?
Let me, or happy or unhappy,
Learn to anticipate my immortality.
Nous nous sommes longuement étreints.
En notant ceci, je me rends soudain compte que je ne connais pas son nom de famille.

Auteur: Malaquais Jean

Info: Journal de guerre suivi de Journal du métèque 1939-1942

[ rencontre ] [ complicité ] [ séparation ]

 

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obsession

De nouveaux désordres d'habitudes de consommation tels que la bigorexie (dysmorphie musculaire) et l'orthorexie apparaissent dans les pays développés.
Ces désordres n'ont pas été officiellement reconnus de sorte qu'ils ne sont pas classifiés comme entités indépendantes. Le terme orthorexie vient du mot grec orthos (approprié, juste) et orexie (appétit). Il est caractérisé par une hantise pathologique de la nourriture biologiquement non pure, qui mène à des restrictions diététiques importantes. Les patients orthorexiques excluent des nourritures de leurs régimes, ils les considèrent comme impures parce qu'elles contiennent des herbicides, des pesticides ou autres substances artificielles, ils s’inquiètent aussi excessivement des techniques et des matières employées dans l'élaboration de ces nourritures. Cette hantise mène à la perte de rapports sociaux et au mécontentement affectif ce qui peut aussi favoriser ce souci obsédant pour la nourriture. Dans l'orthorexie, le patient veut au départ améliorer sa santé, traiter une maladie ou perdre du poids. Alors que finalement ce régime devient la partie la plus importante de sa vie. Nous présentons un cas clinique qui répond aux caractéristiques de l'orthorexie ou une comparaison avec l’anorexie nerveuse obsédante compulsive est effectuée.

Auteur: Fortean Times

Info: Nervosa Orthorexia. Un nouveau désordre des habitudes de consommation ? Catalina Zamora Ml, Bote Bonaechea B, Garcia Sanchez F, Rial B De Rios. Servicio de Psiquiatria, Hospital de Mostoles, Madrid mlcatalina@eresmas.com 2005 ?

[ troubles du comportement alimentaire ]

 
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littérature

Miguel Hernández était cet écrivain sorti de la nature comme une pierre intacte, à la virginité sauvage et à l'irrésistible force vitale.
Il racontait combien c'était impressionnant de poser ses oreilles sur le ventre des chèvres endormies. On pouvait ainsi entendre le bruit du lait qui arrivait aux mamelles, cette rumeur secrète que personne n'a pu écouter hormis ce poète des chèvres.
A d'autres reprises il me parlait du chant des rossignols.
Le Levant espagnol d'où il provenait, était chargé d'orangers en fleurs et de rossignols. Comme cet oiseau n'existe pas dans mon pays, ce sublime chanteur, ce fou de Miguel voulait me donner la plus vive expression esthétique de sa puissance. Il grimpait à un arbre dans la rue, et depuis les plus hautes branches, il sifflait comme chantent ses chers oiseaux au pays natal.
Comme il n'avait pas de quoi à vivre, je lui cherchais un travail.
C'était difficile pour un poète de trouver du travail en Espagne.
Finalement un Vicomte, haut fonctionnaire des Relations, s'intéressa à son cas et me répondit que oui, qu'il était d'accord, qu'il avait lu les vers de Miguel, qu'il l'admirait, et que celui-ci veuille bien indiquer quel type de poste il souhaitait pour rédiger sa nomination.
Rempli de joie, je dis au poète:
- Miguel Hernández, tu as enfin un destin. Le Vicomte t'embauche.
Tu seras un haut employé. Dis-moi quel travail tu désires effectuer pour que l'on procède à ton engagement.
Miguel demeura songeur. Son visage aux grandes rides prématurées se couvrit d'un voile méditatif. Des heures passèrent et il fallut attendre l'après-midi pour qu'il me réponde. Avec les yeux brillants de quelqu'un qui aurait trouvé la solution de sa vie, il me dit:
- Le Vicomte pourrait-il me confier un troupeau de chèvres par ici, près de Madrid ?
Le souvenir de Miguel ne peut s'échapper des racines de mon coeur. Le chant des rossignols levantins, ses tours sonores érigées entre l'obscurité et les fleurs d'orangers, dont la présence l'obsédait, étaient une des composantes de son sang, de sa poésie terrestre et sylvestre dans laquelle se réunissaient tous les excès de la couleur, du parfum et de la voix du Levant espagnol, avec l'abondance et la fragrance d'une puissante et virile jeunesse.

Auteur: Neruda Pablo

Info: Confieso que he vivido 1974

 

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quadrillage du monde

Héritier de la philosophie des Lumières, aristocrate désargenté, Claude Henri de Saint-Simon (1760- 1825) s’efforce, sa vie durant, d’organiser et de diffuser une doctrine du progrès qui culmine dans une nouvelle religiosité. Son testament philosophique contient ainsi le Catéchisme des industriels (1823-1824) et Le Nouveau Christianisme (1825). À la société d’Ancien Régime, fondée sur l’héritage, la propriété foncière et la hiérarchie des rangs, il substitue une vision égalitaire selon laquelle les capacités des individus seront rétribuées en fonction de leur contribution sociale. "À chacun selon ses capacités, à chaque capacité selon ses œuvres. Plus d’héritage !", voilà la formule égalitaire de Saint-Simon. La société qu’il appelle de ses vœux repose sur la contribution, le travail et l’utilité. Autrement dit, l’association des producteurs opposée au règne des improductifs, dirigeants politiques, dignitaires religieux, commandants militaires. L’avenir appartient aux industriels, c’est-àdire à "tout homme qui travaille à produire ou à mettre à la portée des différents membres de la société un ou plusieurs moyens matériels de satisfaire leurs besoins ou leurs goûts physiques". On mesure l’extension que revêt ici le terme "industriel". Mais puisque les capacités, malgré tout, ne sont jamais égales entre les individus, comment faire en sorte d’œuvrer au bien collectif en s’appuyant sur elles ?

Un impératif s’impose : les faire concourir à un but collectif et pour cela, les organiser. La philosophie sociale de Saint-Simon est un plan d’organisation, sinon de réorganisation, des forces industrielles, tirant le meilleur des diverses capacités afin d’exploiter utilement la nature. Le cultivateur, le fabricant, le négociant, illustrent chacun à leur façon cette variété : tous seraient des industriels selon ce modèle social. S’ensuit-il une égalité de fait ? Non, car la mise en ordre des contributions aboutit à une nouvelle hiérarchie, au sommet de laquelle se dessine une élite : les hommes de génie, ou, mieux dit, les hommes "du" génie, c’est-à-dire la caste des scientifiques et ingénieurs, eux-mêmes financés dans leurs entreprises par les banquiers. Par conséquent, le politique se dissout dans l’organisation des forces économiques, soutenue par le crédit bancaire.

Les expériences de Saint-Simon, avant qu’il ne théorise sa doctrine, illustrent l’intrication des puissances industrielles. Pouvoir des communications tout d’abord : engagé avant la Révolution française dans l’armée et parti faire la guerre en Amérique, il propose au vice-roi du Mexique des projets de voie de navigation. De même en Espagne, où il présente au gouvernement espagnol un projet de canal reliant Madrid à la mer. Circulation de l’avoir ensuite : il se lance après 1790 dans des spéculations financières en explorant les circuits bancaires. Son travail théorique parachève l’édifice (pouvoir, avoir, savoir) par l’élaboration de la notion de réseau, pensée sur le modèle physiologique de la circulation du sang (modèle issu de Harvey, en 1628). En somme, Saint-Simon utilise le corps humain comme modèle de fonctionnement du corps social. Tout est affaire de circulation de fluides et de tension dynamique entre les corps solides. Si l’organisme est un réseau, c’est-à-dire un maillage , alors plus la circulation interne sera complexe et plus l’organisation générale sera structurée. D’où un surcroît de force et une capacité d’action sur le monde extérieur. On comprend déjà pourquoi la philosophie de Saint-Simon, avec son concept de réseau, constitue un appel aux ingénieurs et aux investisseurs : plus il y aura de voies de communications ouvertes, de canaux percés, d’isthmes conquis, de mers reliées, de navires affrétés, plus le corps social sera puissant et plus les peuples fabriqueront un monde à leur image : sicut dei, "comme des dieux".

Auteur: PMO Pièces et main-d'oeuvre

Info: https://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/marseille_te_te_de_re_seau_global_1.pdf

[ cybernétique ] [ résumé ] [ historique ] [ égalitarisation ]

 
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Ajouté à la BD par Coli Masson