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naître

[Otto] Rank a tenté, avec beaucoup d’énergie, dans son livre Le traumatisme de la naissance, de démontrer les relations existant entre les phobies les plus précoces de l’enfant et l’impression produite par l’événement de la naissance. Mais je ne puis pas dire qu’il y ait réussi. On peut lui faire deux sortes de reproches ; premièrement, de fonder son analyse sur le postulat que l’enfant, lors de la naissance, a reçu des impressions sensorielles déterminées, de nature visuelle en particulier qui, renouvelées, pourraient provoquer le souvenir du traumatisme de la naissance, et du même coup, la réaction d’angoisse. Or cette hypothèse n’est absolument pas prouvée, et elle est très invraisemblable. [...] Deuxièmement, Rank, lorsqu’il étudie les situations d’angoisse ultérieures, attribue l’efficacité, selon les besoins de la cause, soit au souvenir du bonheur de l’existence intra-utérine, soit à sa perturbation par le traumatisme. Ce qui est ouvrir toutes grandes les portes aux interprétations arbitraires. Certains cas de cette angoisse infantile s’opposent directement à l’application du principe de Rank ; lorsque l’enfant est laissé dans l’obscurité et la solitude, nous devrions nous attendre à ce qu’il accueille avec satisfaction cette restauration de la situation intra-utérine, et quand nous voyons Rank ramener le fait qu’il réagisse précisément alors par de l’angoisse au souvenir de la perturbation de ce bonheur par la naissance, nous ne pouvons plus longtemps nous cacher combien cette tentative d’explication est forcée.

Je dois tirer la conclusion que nous ne sommes pas autorisés à ramener les phobies infantiles précoces à l’impression laissée par l’acte de naissance, et que ces phobies se sont jusqu’ici dérobées à toute explication.

Auteur: Freud Sigmund

Info: "Inhibition, symptôme et angoisse", traduit de l’allemand par Michel Tort, Presses Universitaires de France, 1973, pages 59-60

[ critique ] [ objections ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

critique philosophique

En premier lieu, il est reproché [par Antoine Faivre] à R. Guénon son désintérêt pour les "courants théosophiques" qu’il aurait ignorés de même que ses lecteurs, ce qui manifestement n’est pas exact puisque, non seulement, R. Guénon a reconnu la valeur initiatique d’une œuvre comme celle de J. Bœhme mais certains à sa suite ont écrit qu’il s’agissait d’une "métaphysique complète", recevant "son inspiration directement du Saint Esprit". D’autre part, les guénoniens sont accusés de manquer de curiosité à l’égard des "divers modes d’émergence de la Tradition ou des traditions", ce qui semble être en totale opposition avec l’esprit d’universalité rare qui pénètre tout l’enseignement de R. Guénon, même si celui-ci a privilégié certaines formes orientales en raison de l’absolue rigueur de leur expression doctrinale, sans parler des structures initiatiques institutionnelles dont elles sont encore porteuses et qui véhiculent un fonds traditionnel ancestral difficilement comparable du point de vue de sa richesse. Après une mise en cause implicite de l’adhésion à la théorie hindoue des cycles, présentée à tort comme pessimiste, l’attitude de R. Guénon est qualifiée de "dualiste", compte tenu de sa dimension "identitaire" et par trop "métaphysique". Le refus de son objectif, défini comme "fusion dans le Même", fait dire à A. Faivre, en des termes particulièrement impropres et péjoratifs, qu’il s’agit de déboucher "comme dans la tradition védique, sur une vision atonique, plate, amorphe du Monde", ce qui, du seul point de vue scientifique, semble insoutenable. Le souci de discréditer cette première voie se termine enfin par la critique de la position guénonienne relative à l’Art Royal. Comme le dit justement A. Faivre, il est vrai que pour celui-ci, la tradition hermétique ne dépasse pas le domaine cosmologique et l’initiation aux petits mystères, de telle sorte qu’ils se placent au second plan à l’égard des grands mystères et de l’Art Sacerdotal. Cela dit, bien loin d’être une invention de R. Guénon, cette réalité hiérarchique correspond jusque dans la terminologie utilisée à un fait traditionnel que seul un préjugé anti-métaphysique pourrait remettre en question.

Auteur: Geay Patrick

Info: Dans "Hermès trahi", page 80

[ objections ] [ réfutations ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

post-mortem

[…] mais non me disent-ils il n’y a plus de paradis ça ne se fait plus c’est dans l’au-delà que vont les âmes à la page, ah oui l’au-delà c’est vrai j’avais oublié, l’au-delà où ne circulent que des invisibilités sans saveur ni odeur sans regards ni sourires souffles tristes et volantes anémies, ah oui la vie éternelle n’est-ce pas c’est-à-dire que je pourrai regarder paraît-il quand mes yeux seront une coulante morve, ah oui voilà les réalités invisibles qui rappliquent, très commode des réalités qui ont la politesse d’être invisibles, et moi dans tout ça qu’est-ce que je deviens moi, et qu’est-ce que je ferai dans l’au-delà parmi toutes ces invisibilités et chétives bouffées pas très captivantes, moi qui aime tant regarder et entendre regarder avec de vrais yeux tout charnels entendre avec des oreilles visibles et compliquées de trompes d’Eustache, il me semble que je suis dans ces combines d’âme assez oublié moi qui aime aimer de mes aimantes lèvres aimées, et il paraît que dans cet au-delà mes milliards de pensées et d’images et de sentiments oui j’en suis milliardaire vivront en l’air sans le support de mes yeux et des jeux de mon cerveau sous la coque vulnérable de mon crâne bientôt dessoudé, faut croire que je verrai sans yeux et aimerai sans lèvres, oh que tout cela est sauvage et sorcier et infantile, eh quoi parlons sérieusement en hommes et non en matagraboliens, la sexualité n’est-elle pas une rude composante de la personne humaine et de ce que vous appelez âme, où est-elle cette composante où son charnel support en vos paradis et que devient-elle en votre au-delà où les anges ne peuvent jamais s’asseoir et pour cause, et vos vasodilatateurs et vasoconstricteurs ne sont-ils pas condition ou cause de vos émois et affects et qu’est une âme sans affects et qu’est-ce que vivre sans corps, je les entends qui s’indignent mais angéliquement et avec beaucoup de pitié pour ce pauvre vulgaire de moi et me parlent d’yeux spirituels et d’oreilles immatérielles […].

Auteur: Cohen Albert

Info: Belle du Seigneur, éditions Gallimard, 1968, page 898

[ théories en vogue ] [ désincarné ] [ hypothèses réconfortantes ] [ objections ] [ rejet ] [ question ] [ absurdité ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

métaphore paternelle

Questions qui représentent l’absence du père : est-ce qu’un œdipe peut se constituer de façon normale quand il n’y a pas de père, par exemple ? Ce sont des questions assurément qui sont en elles-mêmes très intéressantes, et je dirai plus, c’est par là que se sont introduits, en somme, les premiers paradoxes, ceux qui ont fait se poser les questions qui ont suivi. On s’est aperçu que ce n’était pas si simple, qu’un œdipe pouvait très bien se constituer même quand le père n’était pas là. 

Au début même, on croyait toujours que c’était par quelque excès, si l’on peut dire, présence par excès du père, qu’étaient engendrés tous les drames au temps où l’image du père terrifique était considérée comme l’élément lésionnel. Dans la névrose, on s’est très vite aperçu que c’était encore plus grave quand il était trop gentil ! 

On a fait ces écoles avec lenteur, et c’est à l’intérieur de cela d’abord que je vous parle à peu près de la question où les choses en sont maintenant, et c’est à l’intérieur de cela que je vais essayer de remettre un peu d’ordre pour voir où sont les paradoxes. 

Nous en sommes maintenant à l’autre bout, à nous interroger sur les "carences paternelles" : il y a ce qu’on appelle les pères faibles, les pères soumis, les pères matés, les pères châtrés par leur femme, enfin les pères infirmes, les pères aveugles, les pères bancroches, tout ce que vous voudrez. Il faudrait quand même essayer de s’apercevoir de ce qui se dégage d’une telle situation. Nous essayons de trouver des formules minimales qui nous permettent de progresser. D’abord la question de sa présence ou de son absence, je veux dire concrète. 

Si nous nous plaçons justement au niveau où se placent ces recherches, c’est-à-dire au niveau de la réalité - c’est ce qu’on appelle l’environnement, en tant qu’élément d’environnement, si l’on peut dire - on peut dire qu’il est tout à fait possible, concevable, réalisé, touchable par l’expérience, qu’il soit là, même quand il n’est pas là. Ce qui déjà, devrait nous inciter à une certaine prudence concernant la fonction du père, dans le maniement du point de vue purement et simplement environnementaliste.

Des complexes d’Œdipe tout à fait normaux, normaux dans les deux sens : 

– normaux en tant que normalisants, d’une part, 

– et aussi normaux en tant qu’ils dénormalisent, je veux dire par leur effet névrosant, par exemple s’établissent d’une façon exactement homogène aux autres cas, même dans les cas où le père n’est pas là, je veux dire quand l’enfant a été laissé seul avec sa mère. Première chose qui doit attirer notre attention. 

En ce qui concerne la carence, je voudrais simplement vous faire remarquer que quand le père est carent, dans la mesure où on parle de carence on ne sait jamais en quoi, parce que : 

– si dans certains cas on dit qu’il est trop gentil, cela semblerait vouloir dire qu’il faut qu’il soit méchant ! 

– D’autre part, le fait que, manifestement, il puisse être trop méchant implique qu’il vaudrait peut–être mieux de temps en temps être gentil !

En fin de compte, depuis longtemps on a fait le tour de ce petit manège. On a entrevu le problème de sa carence non pas d’une façon directe, concernant directement le sujet, l’enfant dont il s’agit mais, comme c’était évident depuis le premier abord, c’est en tant que membre du trio fondamental, ternaire, de la famille, c’est-à-dire en tant que tenant sa place dans la famille, qu’on pouvait commencer à dire des choses un peu plus efficaces concernant la carence. Mais on n’est pas arrivé pour autant à les formuler mieux.

[…] 

Je crois que cette question de la carence du père, nous allons y venir, nous y reviendrons, mais on entre ici dans un monde tellement mouvant qu’il faut essayer de faire la distinction qui nous permette de voir en quoi la recherche pèche. La recherche pèche, non pas à cause de ce qu’elle trouve, mais à cause de ce qu’elle cherche. Je crois que la faute d’orientation est celle-ci : c’est qu’on confond deux choses, qui ont un rapport mais qui ne se confondent pas, c’est le rapport au père en tant que normatif, avec le père en tant que normal.

Bien entendu, le père peut être dénormativant en tant que lui-même n’est pas normal, mais là, c’est rejeter la question au niveau de la structure névrotique, psychotique, du père. Donc, la question du père normal est une question, la question de sa position normale dans la famille en est une autre, et cette autre question ne se confond pas encore - c’est le troisième point que je vous avance, qui est important - ne se confond pas avec une définition exacte de son rôle normativant. 

Parce que je vous dis ceci : parler de sa carence dans la famille, n’est pas parler de sa carence dans le complexe. Parce que, pour parler de sa carence dans le complexe, il faut introduire une autre dimension que la dimension réaliste, si je puis dire, celle qui est définie par le mode caractérologique, biographique ou autre, de sa présence dans la famille. Voilà la direction où nous allons faire le pas suivant. 

Auteur: Lacan Jacques

Info: 15 janvier 1958

[ exceptions à la règle théorique ] [ correction ] [ objections ] [ remise en question ] [ symbolique ]

 

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