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trinité

À ce mi-chemin dont je vous ai parlé, qui va de la théogonie à l’athéisme, ce mi-chemin qui est le dieu chrétien, remarquez-le sous l’angle de son organisation interne, ce dieu "trine", ce dieu "un et trois", qu’est-il, sinon l’articulation radicale de la parenté comme telle dans ce qu’elle a de plus irréductiblement, mystérieusement symbolique, le rapport le plus caché et, comme dit FREUD, le moins naturel, le plus purement symbolique : le rapport du Père au Fils. Et le troisième terme reste là présent sous le nom de l’amour.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 7 décembre 1960

[ christianisme ] [ psychanalyse ] [ saint-esprit ]

 

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élément perturbateur

[…] Socrate, lui aussi, choisit de servir Eros pour s’en servir, en s’en servant. Cela l’a conduit très loin, remarquez-le – à un très loin que l’on s’efforce de camoufler en en faisant un pur et simple accident de ce que j’appelais tout à l’heure le fond grouillant de l’infection sociale. Mais n’est-ce pas lui faire injustice, ne pas lui rendre raison, que de le croire ? De croire qu’il ne savait pas parfaitement qu’il allait proprement à contre-courant de tout cet ordre social au milieu duquel il inscrivait sa pratique quotidienne ? Son comportement n’était-il pas véritablement insensé, et scandaleux, de quelque mérite que la dévotion de ses disciples ait entendu ensuite le revêtir en en mettant en valeur les faces héroïques ? Il est clair qu’ils n’ont pas pu faire que de ne pas enregistrer ce qui est une caractéristique majeure chez Socrate, et que Platon lui-même a qualifié d’un mot resté célèbre auprès de ceux qui se sont approchés du problème de Socrate – son atopia dans l’ordre de la cité.

Auteur: Lacan Jacques

Info: Dans le "Séminaire, livre VIII - Le transfert" pages 18-19

[ court-circuitage ] [ daïmon ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

libéralisme roi

Ce n’est pas un hasard si la pensée post-moderne s’est déployée, depuis les années 1980, très exactement en parallèle avec le capitalisme spéculatif et si elle fait figure aujourd’hui de "critique officielle" dans les départements universitaires de sciences sociales ou humaines. Les vrais dissidents, remarquez-le, ne passent jamais à la télé et n’ont pas de postes dans les universités. Quant aux idéologies qui s’affichent comme contestataires, tel le marxisme de jadis et ce qu’il en reste, ou tel encore le néo-conservatisme et l’écologisme, elles se heurtent à la puissante muraille que dresse devant elles l’esprit malin du capitalisme spéculatif : la dynamique radicalement progressiste qui l’anime. Car spéculer, c’est croire résolument en l’avenir, c’est être optimiste quant aux moyens que nous trouverons pour résoudre les problèmes du moment, c’est parier sur un futur meilleur et y investir dès aujourd’hui, c’est croire que l’homme lui-même peut être amélioré, augmenté.

- Quelle idéologie peut faire le poids et promettre un avenir radieux face à cette déferlante "progressiste" ?

Aucune, et c’est pourquoi soit elles sont absorbées par le capitalisme spéculatif dont elles deviennent un relais de croyance – comme l’écologie devenue l’"économie verte" par exemple –, soit elles sont soupçonnées de tourner le dos au "progrès" – comme le néo-conservatisme –, et elles deviennent son ennemi-repoussoir le plus efficace.

Auteur: Gomez Pierre-Yves

Info: Interviewé par Thibault Isabel sur l'inactuelle.fr

[ récupération capitalistique ]

 

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Ajouté à la BD par miguel

psychanalyse

À la différence de BREUER - quelle qu’en soit la cause - FREUD prend pour démarche celle qui fait de lui le maître du redoutable petit dieu [Érôs]. Il choisit comme SOCRATE de le servir pour s’en servir. C’est bien là le point où vont commencer pour nous tous les problèmes. Encore s’agissait-il bien de le souligner ce s’en servir de l’Érôs. Et s’en servir pour quoi ? C’est bien là qu’il était nécessaire que je vous rappelle les points de référence de notre articulation de l’année dernière [séminaire sur l'éthique] : s’en servir pour le "bien". Nous savons que le domaine d’Érôs va infiniment plus loin qu’aucun champ que puisse couvrir ce "bien", tout au moins nous tenons pour acquis ceci.

Vous voyez que les problèmes que pose pour nous le transfert, ne vont ici que commencer. Et c’est d’ailleurs une chose perpétuellement présentifiée à votre esprit - c’est langage courant, discours commun concernant l’analyse, concernant le transfert - vous devez bien n’avoir d’aucune façon, ni préconçue ni permanente, comme premier terme de la fin de votre action, le "bien", prétendu ou pas, de votre patient, mais précisément son erôs. Je ne crois pas devoir manquer de rappeler - une fois de plus ici - ce qui conjoint au maximum du scabreux l’initiative socratique à l’initiative freudienne, en rapprochant leur issue dans la duplicité de ces termes où va s’exprimer d’une façon ramassée à peu près ceci : SOCRATE choisit de "servir erôs pour s’en servir" ou en s’en servant.

Cela l’a conduit très loin - remarquez-le - à un "très loin" qu’on s’efforce de camoufler en faisant un pur et simple "accident" de ce que j’appelai tout à l’heure : "le fond grouillant de l’infection sociale". Mais n’est-ce pas lui faire injustice, ne pas lui rendre raison, de le croire : de croire qu’il ne savait pas parfaitement qu’il allait proprement à contre-courant de tout cet ordre social au milieu duquel il inscrivait sa pratique quotidienne, ce comportement véritablement insensé, scandaleux, de quelque mérite que la dévotion de ses disciples ait entendu ensuite la revêtir, en mettant en valeur les faces héroïques du comportement de SOCRATE.

Il est clair qu’ils n’ont pas pu faire autrement qu’enregistrer ce qui est caractéristique majeur et que PLATON lui-même a qualifié d’un mot resté célèbre auprès de ceux qui se sont approchés du problème de SOCRATE, c’est son ἀτοπία [atopia]... dans l’ordre de la cité pas de croyances salubres si elles ne sont point vérifiées ...dans tout ce qui assure l’équilibre de la cité, non seulement SOCRATE n’a pas sa place, mais il n’est nulle part.

Et quoi d’étonnant si une action si vigoureuse, dans son caractère inclassable - si vigoureuse qu’elle vibre encore jusqu’à nous - a pris sa place. Quoi d’étonnant à ce qu’elle ait abouti à cette peine de mort, c’est-à-dire à la mort réelle de la façon la plus claire, en tant qu’infligée à une heure choisie à l’avance avec le consentement de tous et pour le bien de tous, et après tout sans que les siècles aient jamais pu trancher depuis si la sanction était juste ou injuste.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 16 novembre 1960

[ philosophie ] [ comparaison ] [ inacceptables ] [ condamnation ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

philosophes

Nous savons que le discours de SOCRATE, même répété par des enfants, par des femmes, exerce un charme si l’on peut dire, sidérant. C’est bien le cas de le dire : "Ainsi parlait Socrate". Une force s’en transmet "qui soulève ceux qui l’approchent" disent toujours les textes platoniciens, bref, au seul bruissement de sa parole, certains disent "à son contact". 

Remarquez-le encore, il n’a pas de disciples, mais plutôt des familiers, des curieux aussi, et puis des ravis, frappés de je ne sais quel secret, des santons comme on dit dans les contes provençaux et puis, les disciples des autres aussi viennent, qui frappent à la porte. PLATON n’est d’aucun de ceux-là, c’est un tard-venu, beaucoup trop jeune pour n’avoir pu voir que la fin du phénomène. Il n’est pas parmi les proches qui étaient là au dernier instant, et c’est bien là la raison dernière - il faut le dire en passant très vite - de cette cascade obsessionnelle de témoignages où il s’accroche chaque fois qu’il veut parler de son étrange héros : 

"Un tel l’a recueilli d’un tel qui était là, à partir de telle ou telle visite où ils ont mené tel ou tel débat."

"L’enregistrement sur cervelle, là je l’ai en première, là en seconde édition".

PLATON est un témoin très particulier. On peut dire "qu’il ment" et d’autre part "qu’il est véridique même s’il ment" car, à interroger SOCRATE, c’est sa question à lui, PLATON, qui se fraye son chemin. PLATON est tout autre chose. Il n’est pas un "va nu pieds", ce n’est pas un errant. Nul dieu ne lui parle ni ne l’a appelé, et à la vérité, je crois qu’à lui, les dieux ne sont pas grand-chose. 

PLATON est un maître, un vrai, un maître témoin du temps où la cité se décompose, emportée par la rafale démocratique, prélude au temps des grandes confluences impériales. C’est une sorte de SADE en plus drôle. On ne peut même pas - naturellement, comme personne - on ne peut jamais imaginer la nature des pouvoirs que l’avenir réserve : les grands bateleurs de la tribu mondiale, ALEXANDRE, SELEUCIDE, PTOLÉMÉE, tout cela est encore à proprement parler impensable. Les militaires mystiques, on n’imagine encore pas ça !

Ce que PLATON voit à l’horizon, c’est une cité communautaire tout à fait révoltante à ses yeux comme aux nôtres. Le haras en ordre, voilà ce qu’il nous promet dans un pamphlet qui a toujours été le mauvais rêve de tous ceux qui ne peuvent pas se remettre du discord toujours plus accentué, de "l’ordre de la cité" avec "leur sentiment du bien". Autrement dit, ça s’appelle La République et tout le monde a pris cela au sérieux : on croit que c’est vraiment ce que voulait PLATON !

[…] Je crois qu’on a raison de lire le texte de PLATON sous l’angle de ce que j’appelle le dandysme : ce sont des écrits pour l’extérieur, j’irai jusqu’à dire qu’il jette aux chiens que nous sommes, les menus "bons ou mauvais morceaux", débris d’un humour souvent assez infernal, mais il est un fait : c’est qu’il a été entendu autrement.

C’est que le désir chrétien, qui a si peu à faire avec toutes ces aventures, ce désir chrétien dont l’os, dont l’essence est dans la résurrection des corps (il faut lire Saint AUGUSTIN pour s’apercevoir de la place que ça tient), que ce désir chrétien se soit reconnu dans PLATON, pour qui le corps doit se dissoudre dans une beauté supraterrestre et réduite à une forme - dont nous allons parler tout à l’heure - extraordinairement décorporalisée, c’est le signe évidemment qu’on est en plein malentendu.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 21 décembre 1960

[ description ] [ interprétation ] [ sens de l'œuvre ] [ néoplatonisme ] [ erreur ] [ reprise ] [ différences ]

 

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structure incorporée du langage

Qu’est-ce que l’hystérique fait ? Qu’est-ce que DORA fait au dernier terme ? Je vous ai appris à en suivre les cheminements et les détours dans les identifications complexes, dans le labyrinthe où elle se trouve confrontée - avec quoi ? - avec ce dans quoi FREUD lui-même trébuche et se perd. Car ce qu’il appelle l’objet de son désir, vous savez qu’il s’y trompe justement parce qu’il cherche la référence de DORA en tant qu’hystérique d’abord et avant tout dans le choix de son objet, d’un objet sans doute petit (a). Et il est bien vrai que d’une certaine façon M. K. est l’objet petit (a), et après lui : FREUD lui-même, et qu’à la vérité c’est bien là le fantasme, pour autant que le fantasme est le support du désir. Mais DORA ne serait pas une hystérique si ce fantasme, elle s’en contentait. Elle vise autre chose, elle vise à mieux, elle vise grand A. Elle vise l’Autre absolu : Mme K. Je vous ai expliqué depuis longtemps que Mme K. est pour elle l’incarnation de cette question : "Qu’est-ce qu’une femme ?".

Et à cause de ceci, au niveau du fantasme, ce n’est pas S◊a, le rapport de fading, de vacillation, qui caractérise le rapport du sujet à ce (a) qui se produit mais autre chose, parce qu’elle est hystérique, c’est un grand A comme tel, Grand A auquel elle croit, contrairement à une paranoïaque. "Que suis-je ?" a pour elle un sens qui n’est pas celui de tout à l’heure, des égarements moraux ni philosophiques, ça a un sens plein et absolu.

Et elle ne peut pas faire qu’elle n’y rencontre, sans le savoir, le signe Φ [grand phi] parfaitement clos, toujours voilé qui y répond. Et c’est pour cela qu’elle recourt à toutes les formes qu’elle peut donner du substitut le plus proche, remarquez-le bien, à ce signe Φ. C’est à savoir que, si vous suivez les opérations de DORA ou de n’importe quelle autre hystérique, vous verrez qu’il ne s’agit jamais pour elle que d’une sorte de jeu compliqué par où elle peut, si je puis dire, subtiliser la situation en glissant là où il faut le ϕ [petit phi] du phallus imaginaire.

C’est à savoir que : son père est impuissant avec Mme K. : eh bien qu’importe ! C’est elle qui fera la copule, elle paiera de sa personne, c’est elle qui soutiendra cette relation. Et puisque ça ne suffit pas encore, elle fera intervenir l’image substituée à elle - comme je vous l’ai dès longtemps montré et démontré - de M. K. qu’elle précipitera aux abîmes, qu’elle rejettera dans les ténèbres extérieures, au moment où cet animal lui dira juste la seule chose qu’il ne fallait pas lui dire : "Ma femme n’est rien pour moi", à savoir elle ne me fait pas bander. Si elle ne te fait pas bander, alors donc à quoi est-ce que tu sers ?

Car tout ce dont il s’agit pour DORA, comme pour toute hystérique, c’est d’être la procureuse de ce signe sous la forme imaginaire. Le dévouement de l’hystérique, sa passion de s’identifier avec tous les drames sentimentaux, d’être là, de soutenir en coulisse tout ce qui peut se passer de passionnant et qui n’est pourtant pas son affaire, c’est là qu’est le ressort, qu’est la ressource autour de quoi végète, prolifère tout son comportement. Si elle échange son désir toujours contre ce signe - ne voyez pas ailleurs la raison de ce qu’on appelle sa "mythomanie" - c’est qu’il y a autre chose qu’elle préfère à son désir : elle préfère que son désir soit insatisfait afin que l’Autre garde la clé de son mystère.

C’est la seule chose qui lui importe, et c’est pour cela que, s’identifiant au drame de l’amour, elle s’efforce, cet Autre, de le réanimer, de le réassurer, de le recompléter, de le réparer. En fin de compte c’est bien de cela qu’il nous faut nous défier : de toute idéologie réparatrice, de notre initiative de thérapeutes, de notre vocation analytique. Ce n’est certes pas la voie de l’hystérique qui nous est le plus facilement offerte, de sorte que ce n’est pas là non plus que la mise en garde peut prendre le plus d’importance.

[…] la formule du fantasme hystérique peut s’écrire ainsi : a/-ϕ ◊ A. Soit : (a), l’objet substitutif ou métaphorique, sur quelque chose qui est caché, à savoir -ϕ, sa propre castration imaginaire dans son rapport avec l’Autre. 

Auteur: Lacan Jacques

Info: 19 avril 1961

[ résumé ] [ reprise critique ] [ définition ] [ symbolique ] [ identification ] [ éthique psychanalytique ]

 

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