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signifiant de la phobie

Il est l’élément autour de quoi tourneront toutes sortes de significations qui formeront en fin de compte un élément suppléant à ce qui a manqué au développement du sujet, c’est-à-dire aux développements qui lui ont été fournis par la dialectique de l’entourage où il est immergé. Mais ce n’est possible qu’imaginairement. [...]

Le sujet en choisit une [de forme] pour remplir une fonction bien précise, celle d’assurer la stabilisation momentanée de certains états – dans le cas présent, de l’état d’angoisse. Pour remplir la fonction de transformer cette angoisse en peur localisée, le sujet choisit une forme qui constitue un point d’arrêt, un terme, un pivot, un pilotis, autour de quoi s’accroche ce qui vacille, et que menace d’emporter le courant intérieur issu de la crise de la relation maternelle. [...]

C’est un point autour duquel le sujet peut continuer à faire tourner ce qui, autrement, se déclarerait dans une angoisse impossible à surmonter. [...]

Dans la mesure où ce signifiant est là en tant qu’il correspond métaphoriquement au père, il permet que s’accomplissent tous les transferts, toutes les transformations nécessaires de tout ce qui est compliqué et problématique dans la relation inscrite sur la ligne du bas – à savoir la mère, la fonction phallique et l’enfant – qui nécessite à chaque fois, par rapport à la mère réelle, un triangle distinct. Il faut pour cela un terme qui soit immaîtrisable pour l’enfant, qui fasse peur, et même qui morde.

Auteur: Lacan Jacques

Info: dans le "Séminaire, Livre IV", "La relation d'objet", éditions du Seuil, 1994, pages 561-562

[ modalité de suppléance ] [ carence de la fonction paternelle ]

 
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Ψ ± B ± Φ · Le silence n'est pas un vide, mais une porosité.

concept psychanalytique

Chaque fois qu’un état de besoin est suscité, le principe du plaisir tend à provoquer un réinvestissement dans son fond entre guillemets - puisqu’à ce niveau métapsychologique il ne s’agit pas de clinique - un réinvestissement hallucinatoire de ce qui a été antérieurement hallucination satisfaisante. C’est en cela que consiste le nerf diffus du principe du plaisir. Le principe du plaisir tend au réinvestissement de la représentation et donne aux Vorstellungen [représentations] une forme satisfaisante. L’intervention de ce qu’il [Freud] appelle principe de réalité peut donc être tout à fait radicale, elle n’est jamais qu’une seconde étape.

[…] L’appareil psychique, tel qu’il est décrit en somme à partir de son expérience de ce qu’il a vu surgir d’irréductible, du fond des substitutions hystériques, est ceci : c’est que la première chose que peut faire l’homme démuni, lorsqu’il est tourmenté par le besoin, est de commencer par halluciner sa satisfaction, et il ne peut rien faire d’autre que contrôler. Par bonheur il a fait en même temps à peu près les gestes qu’il fallait pour se rapprocher de la zone où cette hallucination coïncide avec un réel approximatif.

Voilà de quelle espèce de départ de misère, toute la dialectique de l’expérience, en termes freudiens - si l’on veut respecter les textes fondamentaux - s’articule. C’est ce que je vous ai dit en parlant du rapport du principe du plaisir et du signifiant. Car les Vorstellungen, d’ores et déjà, à l’origine, ont le caractère d’une structure signifiante.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 3 février 1960

[ manque ] [ suppléance ]

 
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Ψ → B → Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.

civilisation

Si la société entraîne par son effet de censure une forme de désagrégation qui s’appelle la névrose, c’est dans un sens contraire d’élaboration, de construction, de "sublimation", disons le mot, que peut se concevoir la perversion quand elle est produit de la culture. Et si vous voulez, le cercle se ferme : la perversion apportant des éléments qui travaillent la société, la névrose favorisant la création de nouveaux éléments de culture. Cela n’empêche pas - toute sublimation qu’elle soit - que l’amour grec reste une perversion. Nul point de vue culturaliste n’a ici à se faire valoir. Il n’y a pas à nous dire que sous prétexte que c’était une perversion reçue, approuvée, voire fêtée, que ce n’était pas une perversion. L’homosexualité n’en restait pas moins ce que c’était : une perversion.

Que vouloir nous dire - pour arranger les choses - que si nous, nous soignons l’homosexualité c’est que de notre temps l’homosexualité c’est tout à fait autre chose, ce n’est plus à la page, et qu’au temps des grecs par contre elle a joué sa fonction culturelle et comme telle est digne de tous nos égards, c’est vraiment éluder ce qui est à proprement parler le problème. La seule chose qui différencie l’homosexualité contemporaine à laquelle nous avons affaire et la perversion grecque - mon Dieu - je crois qu’on ne peut guère la trouver dans autre chose que dans la qualité des objets. Ici, les lycéens sont acnéiques et crétinisés par l’éducation qu’ils reçoivent.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 23 novembre 1960

[ individuel-collectif ] [ gay ]

 

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Ψ → B → Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

structuration du langage

[…] la métonymie est au départ, et c'est elle qui rend possible la métaphore. Mais la métaphore est d'un autre degré que la métonymie. […]

Anna Freud endormie […] parle dans son sommeil - Grosses fraises, framboises, flans, bouillies.

Voilà quelque chose qui a l’air d’être du signifié à l’état pur. Et c'est la forme la plus schématique, la plus fondamentale, de la métonymie. Sans aucun doute, elle les désire, ces fraises, ces framboises. Mais il ne va pas de soi que ces objets soient là tous ensemble. Qu'ils soient là, juxtaposées, coordonnés dans la nomination articulée, tient à la fonction positionnelle qui les met en position d'équivalence. C’est le phénomène essentiel.

S’il y a bien quelque chose qui nous montre indiscutablement qu’il ne s’agit pas là d’un phénomène d’expression pur et simple, qu’une psychologie, disons jungienne, nous ferait saisir comme un substitut imaginaire de l’objet appelé, c’est précisément parce que la phrase commence par quoi ? Par le nom de la personne, Anna Freud. C’est une enfant de dix-neuf mois, et nous sommes sur le plan de la nomination, de l’équivalence, de la coordination nominale, de l'articulation signifiante comme telle. C'est seulement à l'intérieur de ce cadre [métonymique] qu'est possible le transfert de signification [métaphore].

C'est le cœur de la pensée freudienne. L'œuvre commence par le rêve, ses mécanismes de condensation et déplacements, de figuration, ils sont tous de l'ordre de l'articulation métonymique, et c'est sur ce fondement que la métaphore peut intervenir.

Auteur: Lacan Jacques

Info: Dans le "Séminaire, Livre III", "Les psychoses", éditions du Seuil, 1981, pages 361-362

[ grammaire ] [ inconscient ] [ psychanalyse ] [ contiguïté ]

 
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Ψ → B → Φ · Chaque lecteur est un neurone d'un cerveau anthropo-Gaïen.

théâtre

Hamlet a dû être joué pour la première fois, à Londres, pendant la saison d’hiver 1601 – sans qu’on en soit absolument sûr, mais enfin, selon les recoupements les plus rigoureux. La fameuse première édition in-quarto du texte a été quasiment à l’époque ce que l’on appelle une édition pirate, à savoir qu’elle n’avait point été faite sous le contrôle de l’auteur, mais avait été empruntée à ce que l’on appelait les prompt-books, les livrets à l’usage du souffleur. Cette édition [...] est restée inconnue jusqu’en 1823, lorsqu’on a enfin mis la main sur un de ces exemplaires sordides, ce qui tient à ce qu’ils ont été beaucoup manipulés, emportés, probablement aux représentations. Et l’édition in-folio, la grande édition de Shakespeare, n’a commencé à paraître qu’après sa mort, en 1623, précédant la grande édition où l’on trouve la division en actes, ce qui explique que la division en actes soit beaucoup moins décisive et claire dans Shakespeare qu’ailleurs. En fait, on ne croit pas que Shakespeare ait songé à diviser ses pièces en cinq actes. Cela a son importance, parce que nous allons voir comment se répartit Hamlet.

L’hiver 1601, c’est deux ans avant la mort de la reine Élisabeth, et on peut considérer approximativement que la césure capitale que marque Hamlet entre deux versants de la vie du poète, redouble, si l’on peut dire, le drame de la jointure entre deux époques du royaume, car le ton change complètement lorsque apparaît sur le trône Jacques Ier.

Auteur: Lacan Jacques

Info: Dans le "Séminaire, Livre VI : Le désir et son interprétation", éditions de La Martinière et Le Champ Freudien éditeur, 2013, pages 297-298

[ historique ] [ contexte ] [ adaptation ]

 

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Ψ → B → Φ · L'émotion traverse le temps comme l'eau traverse le sol.

parole

[…] le désir est profondément changé d’accent, subverti, rendu ambigu lui-même par son passage par les voies du signifiant.

Entendons bien tout ce que cela veut dire. C’est toujours au nom d’un certain registre - qui fait intervenir l’Autre de l’au-delà de celui qui demande - que toute satisfaction est accordée, et ceci précisément pervertit profondément le système de la demande et de la réponse à la demande.

– "Vêtir ceux qui sont nus."

– "Nourrir ceux qui ont faim."

– "Visiter les malades."

…je n’ai pas besoin de vous rappeler des sept, huit ou neuf œuvres de miséricorde, il est assez frappant dans leurs termes même que "Vêtir ceux qui sont nus", on pourrait dire, si la demande était quelque chose qui devait être soutenu dans sa pointe directe, pourquoi pas "habiller" - je veux dire chez Christian DIOR - ceux ou celles qui sont nus ? Cela arrive de temps en temps, mais en général c’est qu’on a commencé par les déshabiller soi-même.

De même "Nourrir ceux qui ont faim" : pourquoi pas "leur soûler la gueule" ? Ça ne se fait pas, ça leur ferait mal, ils ont l’habitude de la sobriété, il ne faut pas les déranger.

Quant à "Visiter les malades", je rappellerai le mot de Sacha GUITRY :

"Faire une visite fait toujours plaisir. Si ce n’est pas quand on arrive, c’est au moins quand on s’en va !"

Auteur: Lacan Jacques

Info: 4 décembre 1957

[ perte métonymique ] [ disjonction ] [ atténuation ] [ interrogation critique ] [ remise en question ] [ humour ]

 

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Ψ ← B ← Φ · La pensée n'est pas dans la tête. Elle passe à travers.

appréhension extérieure

Sans doute, après que Freud eut inventé la psychanalyse, est-elle longtemps demeurée une science scandaleuse et subversive. Il ne s’agissait pas de savoir si l’on y croyait ou non, on s’y opposait violemment sous le prétexte que les gens psychanalysés seraient déchaînés, s’abandonneraient à tous leurs désirs, se livreraient à n’importe quoi…

Aujourd’hui, admise ou non en tant que science, la psychanalyse est entrée dans nos mœurs et les positions se sont renversées : c’est lorsque quelqu’un ne se conduit pas normalement, lorsqu’il agit d’une façon jugée "scandaleuse" par son entourage, qu’on parle de l’envoyer chez le psychanalyste !

Tout cela entre dans ce que j’appellerai non pas du terme trop technique de "résistance à l’analyse", mais d’"objection massive".

La peur de perdre son originalité, d’être réduit au niveau commun, n’est pas moins fréquente. Il faut dire que sur cette notion "d’adaptation" il s’est produit ces derniers temps une doctrine de nature à engendrer la confusion et à partir de là l’inquiétude.

On a écrit que l’analyse a pour but d’adapter le sujet, pas tout à fait au milieu extérieur, disons à sa vie, ou à ses véritables besoins ; cela signifie nettement que la sanction d’une analyse serait qu’on est devenu père parfait, époux modèle, citoyen idéal, enfin qu’on est quelqu’un qui ne discute plus de rien.

Ce qui est tout à fait faux, aussi faux que le premier préjugé qui voyait dans la psychanalyse un moyen de se libérer de toute contrainte.

Auteur: Lacan Jacques

Info: Entretien avec Jacques Lacan paru dans L'Express du 31 mai 1957.

[ opinions ] [ évolution ] [ réfutation ]

 
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Ψ ⇄ B ⇄ Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.

psychanalyse

L’analyse n’est pas une simple reconstitution du passé, l’analyse n’est pas non plus une réduction à des normes préformées, l’analyse n’est pas un épos, l’analyse n’est pas un éthos. Si je devais la comparer à quelque chose, ce serait à un récit qui serait lui-même le lieu de la rencontre dont il s’agit dans le récit.

Le problème de l’analyse réside dans la situation paradoxale où se trouve le désir de l’Autre que le sujet a à rencontrer, notre désir, qui n’est que trop présent dans ce que le sujet suppose que nous lui demandons. En effet, le désir de l’Autre qu’est pour nous le désir du sujet, nous ne devons pas le guider vers notre désir, mais vers un autre. Nous mûrissons le désir du sujet pour un autre que nous. Nous nous trouvons dans la position paradoxale d’être les entremetteurs du désir, ou ses accoucheurs, ceux qui président à son avènement. [...]

Sans doute l’analyse est-elle une situation où l’analyste s’offre comme support à toutes les demandes et ne répond à aucune, mais est-ce seulement dans cette non-réponse – qui est bien loin d’être une non-réponse absolue – que se trouve le ressort de notre présence ? Ne faut-il pas faire une part essentielle à un élément qui est immanent à la situation, et qui se reproduit à la fin de chaque séance ? J’entends, ce vide auquel notre désir doit se limiter, cette place que nous laissons au désir pour qu’il s’y situe – bref, la coupure.

Auteur: Lacan Jacques

Info: Dans le "Séminaire, Livre VI : Le désir et son interprétation", éditions de La Martinière et Le Champ Freudien éditeur, 2013, page 572

[ difficulté ] [ distanciation ] [ sans mémoire sans désir ]

 

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Ψ ← B ← Φ · Le sol parle avant le langage.

communauté spirituelle

En d’autres termes, pour que mon trait d’esprit fasse rire l’Autre, il faut… comme quelque part le dit BERGSON et c’est la seule chose bonne qu’il y ait dans "Le rire" …qu’il soit de la paroisse. Qu’est-ce que cela veut dire ? Le terme même de "paroisse" ne sera pas peu pour nous aider à progresser dans la compréhension de ce dont il s’agit.

Je ne sais si vous connaissez l’origine du mot paroisse. C’est bien singulier, mais depuis que les étymologues se sont penchés dessus, ils n’ont jamais pu savoir par quel miracle une chose qui était au départ παροίκια [paroïkia]… à savoir les gens qui ne sont pas de la maison, je veux dire la maison de la terre, qui sont d’un autre monde, qui ont leur racine dans un autre monde, les chrétiens nommément, car le terme est apparu avec le christianisme …s’est, si l’on peut dire, métaphorisée par un autre terme qui a inscrit son élément signifiant dans un χ [ki] qui se retrouve dans la parrocchia italienne, à savoir le πάροχος [parokos] en grec, c’est-à-dire le pourvoyeur, l’intendant à qui les fonctionnaires de l’Empire savaient devoir s’adresser pour qu’on leur procure à peu près tout ce qu’un fonctionnaire de l’Empire pouvait désirer, et dans les temps si bénis de la paix romaine, cela pouvait aller très loin.

Nous voici donc au niveau désigné par ce terme ambigu "de la paroisse", qui met bien en valeur la limitation du champ où agit un trait d’esprit.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 11 décembre 1957

[ philosophe ] [ vacherie ] [ witz ] [ étymologie ] [ reconnaissance métaphorique ]

 
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Ψ → B → Φ · La transduction précède la computation.

philosophie

[…] je vous ai assez souligné l’année dernière ce dont il s’agit dans ce qu’on appelle la morale utilitaire. Il s’agit assurément de quelque chose de tout à fait fondamental dans la reconnaissance des objets qu’on peut appeler constitués par "le marché des objets". Ce sont des objets qui peuvent servir à tous, et en ce sens, la morale dite utilitaire est plus que fondée : il n’y en a pas d’autre. Et c’est bien justement parce qu’il n’y en a pas d’autre, que les difficultés qu’elle présenterait - soi-disant - sont en fait parfaitement résolues.

Il est bien clair que les "utilitaristes" ont tout à fait raison en disant que, chaque fois que nous avons affaire à quelque chose qui peut s’échanger avec nos semblables, la règle en est l’utilité, non pas la nôtre mais la possibilité d’usage, l’utilité pour tous et pour le plus grand nombre. C’est bien cela qui fait la béance de ce dont il s’agit, dans la constitution de cet objet privilégié qui surgit dans le fantasme, avec toute espèce d’objet dit du monde socialisé, du monde de la conformité.

Le monde de la conformité est déjà cohérent d’une organisation universelle du discours. Il n’y a pas d’utilitarisme sans une "théorie des fictions". Prétendre d’aucune façon qu’un recours est possible à un objet naturel, prétendre réduire même les distances où se soutiennent les objets de l’accord commun, c’est introduire une confusion, un mythe de plus dans la problématique de la réalité.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 19 avril 1961

[ résumé ] [ objet a ] [ petit a ] [ imaginaire ] [ critique ]

 

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Ψ ⇒ B ⇒ Φ · Mettre en veille entre les cycles. Propager uniquement si Φ réinjecte Ψ.