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religion

Les dieux, pour autant qu’ils existent pour nous dans notre registre, dans celui qui nous sert à avancer dans notre expérience, pour autant que ces trois catégories nous sont d’un usage quelconque, les dieux c’est bien certain appartiennent évidemment au Réel : les dieux c’est un mode de révélation du Réel.

– C’est en cela que tout progrès philosophique tend, en quelque sorte de par sa nécessité propre, à les éliminer.

– C’est en cela que la révélation chrétienne se trouve - comme l’a fort bien remarqué HEGEL - sur la voie de leur élimination, à savoir que sous ce registre, la révélation chrétienne se trouve un tout petit peu plus loin, un petit peu plus profondément sur cette voie qui va du polythéisme à l’athéisme.

– C’est en cela que - par rapport à une certaine notion de la divinité, du dieu comme summum de révélation, de numen, comme rayonnement, apparition (c’est une chose fondamentale, réelle) - le christianisme se trouve incontestablement sur le chemin qui va à réduire, qui va, au dernier terme, à abolir le dieu de cette même révélation, pour autant qu’il tend à le déplacer, comme le dogme, vers le verbe, vers le λόγος [logos] comme tel, autrement dit se trouve sur un chemin parallèle à celui que suit le philosophe, pour autant que je vous ai dit tout à l’heure, que sa fatalité est de nier les dieux.

Donc ces mêmes révélations qui se trouvent rencontrées jusque-là par l’homme dans le Réel, dans le Réel où ce qui se révèle est d’ailleurs Réel, mais cette même révélation ce n’est pas dans le Réel qu’il la place, cette révélation il va la chercher dans le logos, il va la chercher au niveau d’une articulation signifiante.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 30 novembre 1960

[ réel-symbolique-imaginaire ] [ avènement symbolique ]

 

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Ψ ← B ← Φ · L'émotion traverse le temps comme l'eau traverse le sol.

philosophe

C’est de SOCRATE que procède cette idée nouvelle, essentielle : il faut d’abord garantir le savoir, et la voie de leur montrer à tous qu’ils ne savent rien, est par elle-même une voie révélatrice, révélatrice d’une vertu, qui dans ses succès privilégiés, ne réussit pas toujours. Et ce que SOCRATE appelle, lui, ἐπιστήμη [épistèmè], la science, ce qu’il découvre en somme, ce qu’il dégage, ce qu’il détache, c’est que le discours engendre la dimension de la vérité. Le discours qui s’assure d’une "certitude interne à son action même", assure là où il le peut, la vérité comme telle. Il n’est rien d’autre que cette pratique du discours.

Quand SOCRATE dit que c’est la vérité, et non pas lui-même, qui réfute son interlocuteur, il montre quelque chose dont le plus solide est sa référence à une combinatoire primitive qui est toujours la même à la base de notre discours. D’où il résulte, par exemple, que le père n’est pas la mère et que c’est au même titre, et à ce seul titre, qu’on peut déclarer que le mortel doit être distingué de l’immortel. SOCRATE renvoie en somme au domaine du pur discours toute l’ambition du discours.

[…] Il est en somme, si l’on peut dire, le "supersophiste", et c’est en quoi gît son mystère, car s’il n’était que le supersophiste, il n’aurait rien engendré de plus que les sophistes, à savoir ce qu’il en reste, c’est-à-dire une réputation douteuse. C’est justement quelque chose d’autre qu’un sujet temporel qui avait inspiré son action.

Et là nous en venons à l’ἀτοπία [atopia], à ce côté insituable de SOCRATE qui est justement la question qui nous intéresse quand nous y flairons quelque chose qui peut nous éclairer sur l’ἀτοπία [atopia] qui est exigible de nous [analystes].

Auteur: Lacan Jacques

Info: 21 décembre 1960

[ structure discursive ] [ singularité ]

 

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Ψ ↔ B ↔ Φ · Le sol parle avant le langage.

structure incorporée du langage

Il apparaît clairement, dès que FREUD l’a montré, que dans la perversion l’instinct, la pulsion n’ont absolument nul droit à être promus ou déclarés comme plus nus, si on peut dire, dans la perversion que dans la névrose. Tout l’article de Hanns SACHS, qui est si remarquable sur la genèse des perversions, est pour montrer que dans toutes les formations dites perverses quelles qu’elles soient il y a exactement la même structure de compromis, d’élision, de dialectique du refoulé et du retour du refoulé, qu’il y a dans la névrose. 

C’est là l’essentiel de l’article dont il donne des exemples absolument convaincants. Il y a toujours dans la perversion quelque chose que le sujet ne veut pas reconnaître, avec ce que ce "veut" comporte dans notre langage : quelque chose qui se conçoit comme étant là articulé, et néanmoins, non seulement foncièrement méconnu par le sujet, mais refoulé pour des raisons en somme d’articulation essentielles. C’est là le ressort du mécanisme analytique, qui ferait que si le sujet le reconnaît, il serait forcé en même temps de reconnaître une série d’autres choses, lesquelles lui sont proprement intolérables. 

Ce qui est la ressource du refoulement, le refoulement ne pouvant se concevoir qu’en tant que lié à une chaîne signifiante articulée.

[…] Pour la perversion, c’est exactement la même chose. Voilà ce dont en 1923, à la suite de l’article de FREUD, tous les psychanalystes s’aperçoivent : que la perversion essentiellement, si on la regarde de près, comporte exactement les mêmes mécanismes d’élision de quelque chose qui lui est foncier, qui fait partie des rapports du sujet avec un certain nombre de termes essentiels qui sont les termes bel et bien fondamentaux que nous trouvons dans l’analyse des névroses, qui sont les termes œdipiens. 

Auteur: Lacan Jacques

Info: 12 février 1958

[ pseudo naturalité ] [ ordre symbolique ]

 

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Ψ ↔ B ↔ Φ · Aligner les seuils, pas les horloges.

structure incorporée du langage

Dans la 3ème année de mon séminaire [La psychose], nous avons parlé de la psychose en tant qu’elle est fondée sur une carence signifiante primordiale, et nous avons montré ce qui survient de subduction du réel quand, entraîné par l’invocation vitale, il vient prendre sa place dans cette carence du signifiant dont on parlait hier soir sous le terme de Verwerfung, et qui - j’en conviens - n’est pas quelque chose qui soit sans présenter quelques difficultés.

C’est pour cela que nous aurons à y revenir cette année, mais je pense que ce que vous avez compris dans ce séminaire sur la psychose c’est que, sinon le dernier ressort, du moins le mécanisme essentiel de cette réduction de l’Autre, du grand Autre - de l’Autre comme siège de la parole - à l’autre imaginaire, cette suppléance du symbolique par l’imaginaire, et même comment nous pouvons concevoir l’effet de totale étrangeté du réel qui se produit dans les moments de rupture de ce dialogue du délire, par quoi seulement le psychosé peut soutenir en lui ce que nous appellerons une certaine intransitivité du sujet, chose qui nous paraît, quant à nous, toute naturelle : "Je pense, donc je suis" disons-nous intransitivement. Mais assurément c’est là la difficulté pour le psychosé, précisément dans la mesure de cette réduction de la duplicité de l’Autre avec le grand A et de l’autre avec le petit a :

– de l’Autre siège de la parole et garant de la vérité,

– et de l’autre duel, qui est celui en face de qui il se trouve comme étant sa propre image.

Cette disparition de cette dualité est précisément ce qui donne au psychosé tant de difficulté à se maintenir dans un réel humain, c’est-à-dire dans un réel symbolique.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 6 novembre 1957

[ résumé ] [ définition ] [ forclusion ] [ nom-du-père ]

 

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Ψ → B → Φ · L'émotion traverse le temps comme l'eau traverse le sol.

envoûtement

En route, ce que nous voyons, c’est cette comparaison qui, au moment où elle est instaurée, est poussée à ce moment-là fort loin, où il [Socrate] est comparé avec le satyre MARSYAS, et malgré sa protestation : "Eh, assurément il n’est pas flûtiste !", ALCIBIADE revient, appuie et compare ici SOCRATE à un "satyre", pas simplement de la forme d’une boîte, d’un objet plus ou moins dérisoire, mais au satyre MARSYAS nommément, en tant que quand il entre en action, chacun sait par la légende que le charme de son chant se dégage. Le charme est tel qu’il a encouru la jalousie d’APOLLON, ce MARSYAS. APOLLON le fait écorcher pour avoir osé rivaliser avec la musique suprême, la musique divine.

La seule différence, dit-il, entre SOCRATE et lui, c’est qu’en effet SOCRATE n’est pas flûtiste : ce n’est pas par la musique qu’il opère et pourtant le résultat est exactement du même ordre. Et ici il convient de nous référer à ce que PLATON explique dans le Phèdre concernant les états, si l’on peut dire, "supérieurs" de l’inspiration tels qu’ils sont produits au-delà du franchissement de la beauté. Parmi les diverses formes de ce franchissement - que je ne reprends pas ici - il y a celles par lesquelles se révèlent les hommes qui sont δεομένους [deomenous] qui ont reçu des dieux des initiations. Pour ceux-là, le cheminement, la voie, consiste en moyens parmi lesquels celui de l’ivresse produite par une certaine musique, produisant chez eux cet état qu’on appelle de "possession".

Ce n’est ni plus ni moins à cet état qu’ALCIBIADE se réfère quand il dit que c’est ce que SOCRATE produit, lui, par des paroles, par des paroles qui sont, elles, sans accompagnement, sans instruments : il produit exactement le même effet par ses paroles.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 8 février 1960 - l'extrait fait ici référence au Banquet de Platon

[ enchanteur ] [ fascination ] [ agalma ]

 

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Ψ ⇒ B ⇒ Φ · L'hydrogène précède tout : non comme substance, mais comme capacité de passage.

psychanalyse

C’est aller dans le sens strictement contraire à toute l’aspiration et à la découverte freudiennes que de ne pas voir que la sexualité est là, chez le jeune enfant, dès l’origine et même, bien plus encore, dès avant l’origine, je veux dire la phase qui précède la période de latence. Si on a tellement insisté sur les sources prégénitales de la sublimation, c’est justement pour cela.

Et le problème de ce qu’est la sublimation est quelque chose qui se pose beaucoup plus tôt précisément qu’au moment où la division entre les buts de la libido et les buts du moi comme tels devient tout à fait claire et patente, accessible au niveau de la conscience. S’il m’est permis d’accentuer là quelque chose, je dirai que si ce terme dont je me sers avec vous pour essayer de donner enfin à cette sublimation, une articulation conforme à ce à quoi nous avons affaire au niveau de ce problème, la Chose, ce que j’appelle ici das Ding, est là comme une place décisive autour de laquelle doit s’articuler la définition de la sublimation, avant que "Je" soit né, et à plus forte raison, avant que les Ichziele, les buts du Je apparaissent.

[…] Il y a dans SIMMEL quelque chose qui m’intéresse puisque c’est la notion, non seulement d’une distanciation, mais d’un objet comme ne pouvant pas être atteint. Mais c’est encore un objet.

Or, ce qui ne peut être atteint dans la Chose, c’est justement la Chose, et non pas un objet dans l’articulation que je vous en donne, en quoi il y a une différence tout à fait radicale entre ce qu’indique SIMMEL. Et il est bien certain que ceci est absolument cohérent avec l’apparition, dans l’intervalle, de cette différence essentielle qui constitue l’inconscient freudien comme tel.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 2 mars 1960

[ sexuation ]

 

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Ψ → B → Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

dépossédé

Qu'est-ce qu'un obsessionnel ? C'est en somme un acteur qui joue son rôle et assure un certain nombre d'actes comme s'il était mort. Le jeu auquel il se livre est une façon de se mettre à l'abri de la mort. C’est un jeu vivant qui consiste à montrer qu'il est invulnérable. A cette fin, il s'exerce à un domptage qui conditionne toutes ses approches à autrui. On le voit dans une sorte d'exhibition où il s’agit pour lui de montrer jusqu'où il peut aller dans l'exercice, qui a tous les caractères d'un jeu, y compris ses caractères illusoires – c’est-à-dire jusqu’où peut aller autrui, le petit autre, qui n’est que son alter ego, le double de lui-même. Le jeu se déroule devant un Autre qui assiste au spectacle. Lui-même n’y est que spectateur, la possibilité même du jeu et le plaisir qu’il y prend résident là. Par contre, il ne sait pas quelle place il occupe, et c'est ce qu'il y a d'inconscient chez lui. Ce qu'il fait il le fait à des fins d’alibi. Cela, il peut l’entrevoir. Il se rend bien compte que le jeu ne se joue pas là où il est, et c’est pour cela que presque rien de ce qui se passe n’a pour lui de véritable importance, mais cela ne veut pas dire qu’il sache d’où il voit tout cela.

[...] Il est clair que, dans cette situation complexe, la notion de l’objet n’est pas donnée immédiatement, puisqu’il participe à un jeu illusoire, un jeu de rétorsion agressive, un jeu de triche, qui consiste à aller aussi près que possible de la mort tout en étant hors de la portée de tous les coups, parce que le sujet a, en quelque sorte, tué à l’avance le désir chez lui-même, qu’il l’a, si l’on peut dire, mortifié.

Auteur: Lacan Jacques

Info: dans le "Séminaire, Livre IV", "La relation d'objet", éditions du Seuil, 1994, pages 34-35

[ défini ] [ sacrifié ] [ psychanalyse ] [ insaisissabilité source ]

 

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Ψ ± B ± Φ · Le sol parle avant le langage.

démarche religieuse

Alors, ce que je veux simplement, en vous quittant, accentuer, c’est qu’il y a quand même quelque chose qui se véhicule depuis le fin fond des temps, et qui s’appelle l’initiation.

L’initiation c’est ce dont nous avons des débris au titre de l’occultisme.

Ça prouve simplement que c’est la seule chose qui, en fin de compte, nous intéresse encore dans l’initiation.

Je ne vois pas pourquoi je ne donnerais pas à l’initiation, que l’Antiquité connaissait, enfin, un certain statut.

Tout ce que nous pouvons entrevoir des fameux Mystères - et tout ce qui peut nous en rester encore dans des pays ethnologiquement situables, de quelque chose de l’ordre de l’initiation - c’est lié, c’est lié à ce que quelque part, quelqu’un comme Mauss n’est-ce pas, avait appelé technique du corps - je veux dire que, ce que nous avons et qui nous concerne dans ce discours, autant analytique que scientifique, voire universitaire, voire celui du Maître et tout ce que vous voudrez… c’est que, elle se présente elle-même, l’initiation, quand on regarde la chose de près, toujours comme ceci : une approche, une approche qui ne se fait pas sans toutes sortes de détours, de lenteurs, une approche de quelque chose où ce qui est ouvert, révélé, c’est quelque chose qui, strictement, concerne la jouissance.

Je veux dire qu’il n’est pas impensable que le corps, le corps en tant que nous le croyons vivant, soit quelque chose de beaucoup plus calé que ce que connaissent les anatomo-physiologistes.

Il y a peut-être une science de la jouissance, si on peut s’exprimer ainsi.

L’initiation en aucun cas ne peut se définir autrement.

Il n’y a qu’un malheur, c’est que de nos jours, il n’y a plus trace, absolument nulle part, d’initiation.

Auteur: Lacan Jacques

Info:

[ religion ] [ contention ] [ régulation ] [ prudence ] [ exploration plaisir ] [ voluptueuses découvertes ] [ physiologie mémétique ]

 

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Ψ → B → Φ · Coordination ≠ synchronisation.

histoire de la psychanalyse

Freud est parti d’une conception du système nerveux selon laquelle il tend toujours à retourner à un point d’équilibre. C’est de là qu’il est parti, parce que c’était alors une nécessité qui s’imposait à l’esprit de tout médecin de cet âge scientifique, s’occupant du corps humain.

[...] Freud a tenté d’édifier sur cette base une théorie du fonctionnement du système nerveux, en montrant que le cerveau opère comme organe-tampon entre l’homme et la réalité, comme organe d’homéostat. Et il vient alors buter, il achoppe, sur le rêve. Il s’aperçoit que le cerveau est une machine à rêver. Et c’est dans la machine à rêver qu’il retrouve ce qui y était déjà depuis toujours et dont on ne s’était pas aperçu, à savoir que c’est au niveau du plus organique et du plus simple, du plus immédiat et du moins maniable, au niveau du plus inconscient, que le sens et la parole se révèlent et se développent dans leur entier.

D’où la révolution complète de sa pensée, et le passage à la Traumdeutung. On dit qu’il abandonne une perspective physiologisante pour une perspective psychologisante. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Il découvre le fonctionnement du symbole comme tel, la manifestation du symbole à l’état dialectique, à l’état sémantique, dans ses déplacements, les calembours, les jeux de mots, rigolades fonctionnant toutes seules dans la machine à rêver. [...] C’est un tournant tel qu’il n’a pas su du tout ce qui lui arrivait. Il a fallu qu’il parcoure encore vingt ans d’une existence déjà très avancée au moment de cette découverte, pour pouvoir se retourner sur ses prémisses, et tâcher de retrouver ce que ça veut dire sur le plan énergétique. Voilà ce qui lui a imposé l’élaboration nouvelle de l’au-delà du principe du plaisir et de l’instinct de mort.

Auteur: Lacan Jacques

Info: Dans le "Séminaire, Livre II", "Le moi dans la théorie de Freud", pages 109-110

[ historique ] [ deuxième topique ]

 
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division structurelle

Á un système qui lui-même, de sa propre pente, va essentiellement vers le leurre... vers l’erreur, vers quelque chose qui pointe dans le fait que cet organisme semble tout entier fait, non pour satisfaire le besoin, mais pour halluciner le besoin ...il convient que s’oppose un autre appareil. Et là je ne force pas la note, FREUD lui-même entend bien qu’il doit y avoir une sorte de distinction entre les appareils dont il avoue ne voir aucune trace dans ces supports anatomiques.

Il faut supposer un autre appareil qui vient là entrer en jeu pour exercer un principe, une instance de réalité qui se présentera comme essentiellement un principe de correction, de rappel à l’ordre. Le principe de réalité, c’est-à-dire tout ce à quoi doit, en fin de compte - le fonctionnement de l’appareil neuronique - son efficace, se présente comme un appareil qui va beaucoup plus loin dans le sens d’opposition que le simple contrôle. Il s’agit de la rectification et aussi bien d’ailleurs toute façon d’opérer ne sera que le détour de précaution, de retouche, de retenue dirai-je, pour caractériser essentiellement le mode sur lequel ce principe s’exerce et fonctionne.

Principe de retenue qui vient ici en somme pour corriger, compenser, fondamentalement s’opposer à ce qui paraît être la pente fondamentale de l’appareil psychique. Jamais personne, jamais aucun système possible de reconstitution de l’action humaine n’avait été aussi loin dans le caractère fondamentalement conflictuel, introduit à la base, au principe même de ce que comporte normalement l’affrontement d’un organisme qui semble en principe, après tout, disons-le, plutôt destiné à vivre. Et aucun n’avait poussé plus loin dans les présupposés, explications à donner de cet organisme dans le sens d’une inadéquation radicale pour autant que le dédoublement des systèmes se pose au principe, comme fait pour aller contre l’inadéquation foncière d’un des deux.

Auteur: Lacan Jacques

Info: Séminaire VII, L'Ethique, 25 novembre 1959

[ antagonisme ] [ forces contraires ]

 
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Ψ ↔ B ↔ Φ · Le sol parle avant le langage.