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procréation médicalement assistée

[...] nous ferons aux femmes, dans une centaine d’années, des enfants qui seront les fils directs des hommes de génie qui vivent actuellement, et qui auront été d’ici là précieusement conservés dans de petits pots. On a coupé dans cette occasion quelque chose au père, et de la façon la plus radicale – et aussi la parole. La question est alors de savoir comment, par quelle voie, sous quel mode, s’inscrira dans le psychisme de l’enfant, la parole de l’ancêtre, dont la mère sera le seul représentant et le seul véhicule. Comment fera-t-elle parler l’ancêtre mis en boîte ?

Auteur: Lacan Jacques

Info: dans le "Séminaire, Livre IV", "La relation d'objet", éditions du Seuil, 1994, page 526

[ génération ] [ fonction paternelle ] [ transmission ] [ générations ]

 

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Ψ → B → Φ · L'émotion traverse le temps comme l'eau traverse le sol.

singularité

La fonction de résidu que soutient (et du même coup maintient) la famille conjugale dans l’évolution des sociétés, met en valeur l’irréductible d’une transmission – qui est d’un autre ordre que celle de la vie selon les satisfactions des besoins – mais qui est d’une constitution subjective, impliquant la relation à un désir qui ne soit pas anonyme.

C’est d’après une telle nécessité que se jugent les fonctions de la mère et du père. De la mère : en tant que ses soins portent la marque d’un intérêt particularisé, le fût-il par la voie de ses propres manques. Du père : en tant que son nom est le vecteur d’une incarnation de la Loi dans le désir.

Auteur: Aubry Jenny

Info: Ornicar ?, n° 37, avril-juin 1986, p. 13-14

[ fonction paternelle ] [ parents ] [ rôle ]

 

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Ψ → B → Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

initiation

[…] l’un des objectifs principaux des rites de puberté est de défaire le lien qui existe entre les jeunes gens et leur mère et de rattacher les novices à la société des hommes. Cette phase de l’éducation primitive qui marque l’arrivée des jeunes gens à maturité se réalise par des moyens énergiques. Bien entendu, le lien le plus solide qui lie l’enfant à sa mère est d’une part le fait qu’elle l’a mis au monde, et d’autre part la dépendance qui résulte de ce fait. Pour rompre ce lien, l’enfant mâle est censé être tué, mourir, puis il est remis au monde par un homme : son père ou un représentant de celui-ci. Ce nouvel être ou nouveau-né commence une existence nouvelle en tant qu’adulte et membre de sa tribu.

Auteur: Reik Theodor

Info: La création de la femme, traduit de l’américain par Evelyne Sznycer et Martine Van Berchem, éditions Complexe, 1975, page 115

[ renaissance symbolique ] [ castration ] [ fonction paternelle ] [ but ] [ passage ]

 
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Ψ ↔ B ↔ Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

trouble psychologique

Le problème de l’autisme résulte d’un défaut d’équilibre hydrostatique entre l’instance maternelle maternante et fusionnelle et l’instance paternelle symbolique et instituante. J’ai repéré, en me renseignant avec soin et en collectant le plus grand nombre possible d’exemples, un problème de présence et de consistance paternelle symbolique dans la totalité des cas portés jusqu’à présent à ma connaissance, problème d’autant plus destructif que le père est physiquement présent – la consistance symbolique s’établissant voire se renforçant plus aisément et sans aucun problème dans l’absence effective, du fait d’un glissement de l’attachement à la figure paternelle d’un "tu" irrécusable et de ce fait éventuellement imparablement destructif vers un "il" susceptible d’une construction psychique positive au sein du sujet en devenir, "il" qui prend en charge l’absence instituante. Ce qui fait de l’autisme un problème lié à l’évanescence des fonctions symboliques représentées par le père.

Auteur: Farago Pierre

Info: Une proposition pour l'autisme, page 39

[ origine ] [ hypothèse ] [ explication ] [ nom-du-père ] [ fonction paternelle ]

 
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Ψ → B → Φ · Le mystique sait que le signal précède le message.

signifiant de la phobie

Il est l’élément autour de quoi tourneront toutes sortes de significations qui formeront en fin de compte un élément suppléant à ce qui a manqué au développement du sujet, c’est-à-dire aux développements qui lui ont été fournis par la dialectique de l’entourage où il est immergé. Mais ce n’est possible qu’imaginairement. [...]

Le sujet en choisit une [de forme] pour remplir une fonction bien précise, celle d’assurer la stabilisation momentanée de certains états – dans le cas présent, de l’état d’angoisse. Pour remplir la fonction de transformer cette angoisse en peur localisée, le sujet choisit une forme qui constitue un point d’arrêt, un terme, un pivot, un pilotis, autour de quoi s’accroche ce qui vacille, et que menace d’emporter le courant intérieur issu de la crise de la relation maternelle. [...]

C’est un point autour duquel le sujet peut continuer à faire tourner ce qui, autrement, se déclarerait dans une angoisse impossible à surmonter. [...]

Dans la mesure où ce signifiant est là en tant qu’il correspond métaphoriquement au père, il permet que s’accomplissent tous les transferts, toutes les transformations nécessaires de tout ce qui est compliqué et problématique dans la relation inscrite sur la ligne du bas – à savoir la mère, la fonction phallique et l’enfant – qui nécessite à chaque fois, par rapport à la mère réelle, un triangle distinct. Il faut pour cela un terme qui soit immaîtrisable pour l’enfant, qui fasse peur, et même qui morde.

Auteur: Lacan Jacques

Info: dans le "Séminaire, Livre IV", "La relation d'objet", éditions du Seuil, 1994, pages 561-562

[ modalité de suppléance ] [ carence de la fonction paternelle ]

 
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Ψ ↔ B ↔ Φ · Le silence n'est pas un vide, mais une porosité.

religion

Le monothéisme intéresse Freud en quel sens ? Il sait certes aussi bien que tel de ses disciples que les dieux sont innombrables et mouvants comme les figures du désir. Qu’ils en sont les métaphores vivantes. Mais non pas le seul Dieu. Et s’il va rechercher le prototype dans un modèle historique, le modèle visible du Soleil, de la première révolution religieuse égyptienne, d’Akhenaton, c’est pour rejoindre le modèle spirituel de sa propre tradition, le Dieu des dix commandements. Le premier, il semble l’adopter en faisant de Moïse un égyptien – pour répudier ce que j’appellerais la racine raciale du phénomène, la Volkspsychologie de la chose ; le deuxième, lui fait enfin articuler comme tel, dans son exposé, la primauté́ de l’invisible en tant qu’elle est la caractéristique de la promotion du lien paternel, fondé sur la foi et la loi.



La promotion du lien paternel sur le lien maternel, qui, lui, est fondé sur la charnalité́ manifeste, ce sont les termes mêmes dont Freud se sert. La valeur sublimatoire, si je puis m’exprimer ainsi, de la fonction du Père est soulignée en propres termes en même temps qu’affleure la forme proprement verbale, voire poétique, de sa conséquence, puisque c’est à la tradition des prophètes qu’il remet la charge historique de faire progressivement affleurer au cours des âges, le retour d’un monothéisme refoulé comme tel par une tradition sacerdotale plus formaliste dans l’histoire d’Israël – préparant en somme en image et selon les écritures, la possibilité́ de la répétition de l’attentat contre le Père primordial dans (c’est toujours Freud qui écrit) le drame de la Rédemption où il devient patent.



Il me semble important de souligner ces traits essentiels de la doctrine freudienne, car auprès de ce que ceci représente de courage, d’attention, d’affrontement à la vraie question, il me parait de peu d’importance de savoir ou de faire grief à Freud qu’il ne croie pas que Dieu existe ou même qu’il croie que Dieu n’existe pas.

Auteur: Lacan Jacques

Info: Conférence de Bruxelles sur l'éthique de la psychanalyse, 9 mars 1960

[ psychanalyse ] [ nom-du-père ] [ fonction paternelle ]

 

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Ψ ⇄ B ⇄ Φ · Le sol parle avant le langage.

décompensation psychotique

Quel est le signifiant qui est mis en suspens dans sa crise inaugurale [du président Schreber] ? C'est le signifiant procréation dans sa forme la plus problématique, celle que Freud lui-même évoque à propos des obsessionnels, qui n’est pas la forme être mère, mais la forme être père.

Il convient ici de vous arrêter un instant pour méditer sur ceci, que la fonction d’être père n’est absolument pas pensable dans l’expérience humaine sans la catégorie du signifiant.

Que peut vouloir dire être père ? […] La question est que la sommation de ces faits - copuler avec une femme, qu'elle porte ensuite quelque chose pendant un certain temps dans son ventre, que ce produit finisse par être éjecté - n'aboutira jamais à constituer la notion de ce que c'est qu'être père. Je ne parle même pas de tout le faisceau culturel impliqué dans le terme être père, je parle simplement de ce que c’est qu’être père au sens de procréer.

Il faut un effet de retour pour que le fait pour l’homme de copuler reçoive le sens qu’il a réellement, mais auquel aucun accès imaginaire n’est possible, que l’enfant soit de lui autant que de la mère. Et pour que cet effet d’action en retour se produise, il faut que l’élaboration de la notion d’être père ait été, par un travail qui s’est produit par tout un jeu d’échanges culturels, portée à l’état de signifiant premier, et que ce signifiant ait sa consistance et son statut. Le sujet peut très bien savoir que copuler est réellement à l’origine de procréer, mais la fonction de procréer en tant que signifiant est autre chose. [...]

Le signifiant être père est ce qui fait la grand-route entre les relations sexuelles avec une femme. Si la grand-route n'existe pas, on se trouve devant un certain nombre de petits chemins élémentaires, copuler et ensuite la grossesse d'une femme.

Le président Schreber manque selon toute apparence de ce signifiant fondamental qui s’appelle être père. C’est pourquoi il a fallu qu’il commette une erreur, qu’il s’embrouille, jusqu’à penser porter lui-même comme une femme. Il lui a fallu s’imaginer lui-même femme, et réaliser dans une grossesse la deuxième partie du chemin nécessaire pour que, s’additionnant l’un à l’autre, la fonction être père soit réalisée.

[...] comment font-ils, ceux qu’on appelle les usagers de la route, quand il n’y a pas la grand-route, et qu’il s’agit de passer par de petites routes pour aller d’un point à un autre ? Ils suivent les écriteaux mis au bord de la route. C’est-à-dire que, là où le signifiant ne fonctionne pas, ça se met à parler tout seul au bord de la route, des mots écrits apparaissent sur des écriteaux.

Auteur: Lacan Jacques

Info: Dans le "Séminaire, Livre III", "Les psychoses", éditions du Seuil, 1981, pages 459-460

[ analyse ] [ forclusion ] [ hallucination ] [ réel-symbolique-imaginaire ] [ fonction paternelle ]

 

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Ψ ⇄ B ⇄ Φ · Le sol parle avant le langage.

nom-du-père

[à propos de la résurrection du fils de la veuve de Naïm, évangile selon Saint Luc, 7, 11-16]

D’une voix naturelle, sur le ton d’un homme qui parle sans éclat, Jésus s’adresse au gisant : "Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi". Aussitôt, le mort s’asseoit, surpris de tout cet appareil, de ces gens qui l’entourent, de cette boîte dans laquelle il est assis. Il regarde autour de lui, étonné. Il voit sa mère, dans une expression telle qu’elle lui révèle un visage jusqu’alors inconnu de lui.

Et qui donc est cet homme près de lui, qui vient de l’éveiller d’un monde d’où il revient – sans savoir que le rien dont il sort s’appelait la mort ?

Alors que, dans la maladie, il se sentait un enfant qui avait oublié son âge, dans le halo de fièvre qui embuait sa conscience, voilà que c’est jeune homme qu’il s’éveille, par l’effet surgissant qu’une voix d’homme intime à son cœur.

[…] L’homme est là. L’adolescent est par lui fasciné. Les yeux fixés dans le regard de Jésus qui parle à son âme, il entend qu’il est délivré une seconde fois, coupé pour toujours de la dépendance magique qui le retenait à sa mère, à la mort.

Une voix d’homme l’appelle et ordonne en son larynx et en ses génitoires la mue de l’adolescence. Son désir est délivré de l’attraction fatale à suivre la voie que lui avait dictée, en désertant son foyer, son père mort trop tôt.

Sa virilité de fils rendue à sa puissance lui revient, à cet orphelin depuis l’enfance, pour qui sa mère était devenue sa compagne, conjointement orpheline. Son option d’adolescent appelé à la vie chante des promesses d’amour.

L’ordre du désir, rendu à la vie symbolique, a passé sur le groupe.

"Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi", dit Jésus. L’adolescent fait signe aux porteurs – c’est lui qui fait signe aux porteurs ! – qui posent à terre le cercueil. Et le jeune homme, en sa pleine stature, laisse rayonner le sourire joyeux qui s’était éteint aux lèvres du petit garçon malade, qui dévivait jusqu’à en mourir.

[…] Jésus a tracé le point de non-retour aux fantasmes conjugués de la mère et de son enfant, attribut d’elle. Ce fils était devenu pervers par son désir voué au faire-plaisir à la femme qui l’a engendré ; désir qui, peut-être, soutient d’ailleurs l’idée qu’on lui donne de son devoir.

Le devoir de cet enfant n’était-il pas, aux yeux de la foule, de se vouer à sa mère, pour son utilité à elle ? Il avait à être son bâton de vieillesse.

C’est à sa liberté d’homme que cette voix mâle, lucide, calme et ferme l’a éveillé. Jésus éveille dans l’enfant d’un père mort le futur homme, et avec l’homme il l’éveille à sa descendance, à son destin fécond. Dans la mort il l’arrache à l’appel qu’il entendait de son père. Ce père dont la voix avait résonné à ses oreilles dans sa jeune enfance était son moi idéal. Par la mort, en quittant sa mère, c’est son père qu’il allait retrouver.

[…] Oui, l’absence de son père entre lui et sa mère avait pétrifié d’impuissance son désir. Cet enfant unique face à sa mère abandonnée ne pouvait, guidé et entouré que par elle, conquérir son destin fécondateur, géniteur, car sans le savoir, elle lui barrait les avenues de son destin.

En effet, ce fils devait panser sa douleur, combler en son cœur le vide laissé par son époux, pallier le manque de tendresse que cette femme n’attendait plus d’aucun homme. Il allégeait sa détresse de femme en se vouant à elle, dont le désir génital refoulé interdisait au jeune garçon les joies et projets de son âge. Le climat confiné de ce couple fils-mère était devenu morbide et leur désir à tous deux, à leur insu, régressivement incestueux.

Auteur: Dolto Françoise

Info: L'évangile au risque de la psychanalyse, tome 1, éditions du Seuil, 1977, pages 80 à 85

[ interprétation psychanalytique ] [ fonction paternelle ] [ altérité ] [ libération ] [ mère-fils ] [ thaumaturge ]

 
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Ψ → B → Φ · Le quorum se formera — ou non.