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nocturne

L’hiver. Décembre. Les fêtes de Noël.

La coupe. Les arbres enrobés de givre et de neige resplendissent tels des diamants aux reflets bleutés. […] Et le silence. Les sapins abattus sont couchés sur le sol et leurs branches immenses s’étalent en un fabuleux tapis. Entre les arbres, dans le bleu trouble du ciel, la nuit rampe tel du papier à sucre. Un lièvre, sans se presser, avance par petits bonds. Entre les cimes, le ciel apparaît par lambeaux bleus criblés d’étoiles blanches. Aux alentours, se dressent des genévriers cachés sous les sapins taciturnes, et leurs fines branches se lient et s’entremêlent. La forêt résonne de façon régulière et terrifiante. […]

La lune, tel un morceau de charbon, se lève tout au bout de la coupe. C’est la nuit. Le ciel est bas, la lune rouge. Les arbres de la forêt se dressent pareils à des lourds piquets entravés par des chaînes en fer. Le vent hurle et l’on croirait entendre des verrous rouillés qui grincent. Sous la lumière blafarde de la lune, les branches des sapins abattus se dressent tels de gigantesques et fantastiques hérissons, leurs piquant pointant lugubrement vers le ciel. La nuit…

Et alors, au clair de lune, tout au bout de la coupe, au beau milieu des sapins hérissées, un loup hurle.




Auteur: Pilniak Boris

Info: L'année nue

[ décor planté ]

 

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Ajouté à la BD par miguel

Ψ ± B ± Φ · Ne célébrez pas la complexité avant d'avoir compris la disponibilité.

extrémités

Je veux dire que la tendance Mélanie KLEIN a tendu à mettre l’accent sur la fonction d’objet de l’analyste dans la relation transférentielle. Bien sûr ça n’est pas là le départ de la position, mais c’est dans la mesure où elle restait, cette tendance... même si vous voulez, vous pouvez dire que c’est Mélanie KLEIN la plus fidèle à la pensée freudienne, à la tradition freudienne ...la plus fidèle, qu’elle a été amenée à articuler la relation transférentielle en termes de fonction d’objet pour l’analyste.

Je m’explique : dans la mesure où dès le départ de l’analyse, dès les premiers pas, dès les premiers mots, la relation analytique est pensée par Mélanie KLEIN comme dominée par les fantasmes inconscients, qui sont là tout de suite :

– ce à quoi il nous faut viser,

– ce à quoi nous avons affaire,

– ce que dès le départ, je ne dis pas que nous devons, mais que nous pouvons interpréter,

...c’est dans cette mesure que Mélanie KLEIN a été amenée à faire fonctionner l’analyste - la présence analytique dans l’analyste, l’intention de l’analyste pour le sujet - comme bon ou comme mauvais objet.

Je ne dis pas que c’est là une conséquence nécessaire, je crois même que c’est une conséquence qui n’est nécessaire qu’en fonction des défauts de la pensée kleinienne. C’est justement dans la mesure où la fonction du fantasme - encore qu’aperçue de façon très prégnante - a été par elle insuffisamment articulée : c’est le grand défaut de l’articulation kleinienne, c’est que, même chez ses meilleurs acolytes ou disciples, qui certes plus d’une fois s’y sont efforcés, la théorie du fantasme n’a jamais vraiment abouti.

[…] L’autre versant de la théorie du transfert est celui qui met l’accent sur ceci - qui n’est pas moins irréductible et est aussi plus évidemment vrai - que l’analyste est intéressé dans le transfert comme sujet. C’est évidemment à ce versant que se réfère cette accentuation qui est mise - dans l’autre mode de penser le transfert - sur "l’alliance thérapeutique".

Il y a une véritable cohérence interne entre ceci [l’alliance thérapeutique] et ce qui l’accompagne : ce corrélat de l’analyste, ce mode de concevoir le transfert - qui est le second, celui pour lequel j’ai épinglé Anna FREUD qui le désigne en effet pas mal, mais elle n’est pas la seule - qui met l’accent sur les pouvoirs de l’ego. Il ne s’agit pas simplement de les reconnaître [ces pouvoirs] objectivement, il s’agit de la place qu’on leur donne dans la thérapeutique. Et là qu’est-ce qu’on vous dira ?

C’est qu’il y a toute une première partie du traitement où il n’est même pas question de parler, de penser à mettre en jeu ce qui est à proprement parler du plan de l’inconscient. Vous n’avez d’abord que défenses - c’est le moindre de ce qu’on pourra vous dire - ceci pendant un bon bout de temps. Ceci se nuance plus dans la pratique que dans ce qui se doctrine, et c’est à deviner à travers la théorie qui en est faite.

Ce n’est pas tout à fait la même chose de mettre au premier plan - ce qui est ô combien légitime - l’importance des défenses, et d’arriver à théoriser les choses jusqu’à faire de l’ego lui-même une espèce de masse d’inertie qui peut même être conçue - et c’est le propre de l’école de KRIS, HATMANN et des autres - comme comportant, après tout disons-le, des éléments pour nous irréductibles, ininterprétables en fin de compte. C’est à ça qu’ils aboutissent et les choses sont claires, je ne leur fais pas dire ce qu’ils ne disent pas : ils le disent. Et le pas plus loin, c’est qu’après tout il en est très bien ainsi, et que même on devrait le rendre encore plus irréductible cet ego, y rajouter des défenses, après tout c’est un mode concevable de mener l’analyse. Je ne suis pas du tout, en ce moment, en train d’y mettre même une connotation de jugement de rejet, c’est comme ça.

Ce qu’on peut dire en tout cas c’est que, comparé à ce que l’autre versant formule, il ne semble pas que ce soit ce côté-là qui soit le plus freudien, c’est le moins qu’on puisse dire.

Auteur: Lacan Jacques

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Ψ ↔ B ↔ Φ · La pensée n'est pas dans la tête. Elle passe à travers.

normalité de l'anormal

Qu’est-ce que l’analysé vient chercher ? Il vient chercher ce qu’il y a à trouver, ou plus exactement, s’il cherche c’est parce qu’il y a quelque chose à trouver. Et la seule chose qu’il y a à trouver à proprement parler c’est le trope par excellence, le trope des tropes, ce qu’on appelle "son destin".

Si nous oublions qu’il y a un certain rapport entre l’analyse et cette espèce de chose qui est de l'ordre de la figure, au sens où le mot "figure" peut s’employer pour dire "figure du destin", comme on dit aussi bien "figure de rhétorique", et que c’est pour cela que l’analyse n’a pas même pu faire un pas sans que surgisse le mythe, cela veut dire qu’on oublie simplement ses origines.

Il y a une chance c’est que parallèlement, dans l’évolution de l’analyse elle-même il y a une sorte de glissement qui est le fait d’une pratique toujours plus insistante, toujours plus prégnante, exigeante dans ses résultats à fournir, ainsi donc l’évolution de l’analyse a pu risquer de nous faire oublier l’importance, le poids de cette formulation des mythes, du mythe à l’origine.

Pour ceux qui ont laissé passer les choses ou qui ne le savent pas, l’articulation structuraliste du mythe, c’est ce quelque chose prenant un mythe dans son ensemble, je veux dire l’ἔπος [epos], l’histoire, la façon dont ça se raconte de bout en bout pour construire une sorte de modèle qui est uniquement constitué par une série de connotations oppositionnelles - à l’intérieur du mythe - des fonctions intéressées dans le mythe, par exemple dans le mythe d’ŒDIPE, le rapport père-fils, l’inceste. Je schématise bien sûr, je veux dire que je réduis pour vous dire de quoi il s’agit. On s’aperçoit que le mythe ne s’arrête pas là, à savoir qu’à la génération suivante - si c’est un mythe, ce terme de génération ne peut pas être conçu comme simplement la suite de l’entrée des acteurs il faut toujours qu’il y en ait : quand les vieux sont tombés, il y en a des petits qui reviennent pour que ça recommence.

Il y a une cohérence signifiante en ce qui se produit dans la constellation qui suit la première constellation, et c’est cette cohérence qui nous intéresse. Il se passe quelque chose que vous connoterez comme vous voudrez, les frères ennemis, puis d’autre part la fonction d’un amour transcendant qui va contre la loi, comme l’inceste, mais manifestement situé à l’opposé dans sa fonction, en tout cas ayant des relations que nous pouvons définir par un certain nombre de termes oppositionnels avec la figure de l’inceste.

Bref, je passe ce qui se passe au niveau d’ANTIGONE. C’est un jeu dans lequel il s’agit justement d’y détecter les règles qui lui donnent sa rigueur, et remarquez qu’il n’y a pas d’autre rigueur concevable que celle qui s’instaure dans le jeu justement. Bref, ce qui nous permet dans la fonction du mythe, dans ce jeu dans lequel les transformations s’opèrent selon certaines règles et qui se trouvent de ce fait avoir une valeur révélatrice, créatrice de configurations supérieures, de cas particuliers illuminants par exemple, bref, de démontrer cette même sorte de fécondité qui est celle des mathématiques, c’est de cela qu’il s’agit dans l’élucidation des mythes.

Et ceci nous intéresse de la façon la plus directe, puisqu’il ne peut se faire que nous n’abordions le sujet auquel nous avons affaire dans l’analyse sans rencontrer ces fonctions du mythe. C’est un fait prouvé par l’expérience. En tout cas c’est dès les premiers pas de l’analyse, que FREUD s’était soutenu par cette référence au mythe, dès la Traumdeutung et dès les Lettres à FLIESS : le mythe d’Œdipe.


Auteur: Lacan Jacques

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Ψ ⇒ B ⇒ Φ · L'émotion traverse le temps comme l'eau traverse le sol.

médias papier

Confrontés à la concurrence des publications gratuites, aux mutations de l'accès à l'information engendrées par Internet, et maintenant celles des réseaux sociaux, les journaux imprimés voient leurs ventes chuter. Entre 2000 et 2022, les ventes au numéro de la presse quotidienne nationale, de la presse quotidienne régionale et des magazines ont baissé, respectivement, de 86 %, 78 % et 79 %. […]

Pour les marchands de journaux, qui touchent une commission sur chaque numéro écoulé (environ 25 % du prix), le manque à gagner est considérable, et beaucoup n'y survivent pas. En 2004, avant l'invasion des écrans, la France comptait 32000 points de vente, soit 15 % des commerces de détail. Aujourd'hui, elle n'en recense plus que 18400. […]

Une rémunération rachitique, des tâches harassantes, des horaires à rallonge : c'est peu dire que le métier ne fait pas rêver. […] Les avis de radiation de magasins de presse paraissent quotidiennement. En dix jours, entre le 1er et le 11 janvier 2026, la sentence est tombée pour des boutiques situées à Fos-sur-Mer, La Chapelle-Thouarault, Saint-Jacques-de-la-Lande, Donnemarie-Dontilly, Le Ban-Saint-Martin, Le Coteau, Domérat, Asnière-sur-Nouère, Drany, Brest, Issoire, Saint-Saens, Beaune ou encore Normanville. Les petites villes et les villages sont ainsi particulièrement touchés. Partout, la presse locale raconte la même histoire : après plusieurs décennies de service, un gérant envisage de prendre sa retraite. Il se met en quête d'une repreneur, pendant des mois, souvent des années ; faute d'en trouver, il finit par se résoudre à liquider son commerce, au grand dam des habitants, qui voient disparaître un nouveau commerce dans le centre-ville. Désormais, pour trouver le journal, il faudra se rendre, en voiture, à l'hypermarché.


Auteur: Volclair Roxanne

Info: Le Monde diplomatiqueLE COMBAT DES MARCHANDS DE JOURNAUX, n°863, février 2026.

[ évolution ] [ numérisation ] [ historique ]

 
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Ψ ⇒ B ⇒ Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

sens-de-la-vie

Dans ce monde, il y a deux sortes de gens, a dit Milfred. Oui, enfin, il y en a de toutes sortes. Mais au moins deux : ceux qui comprennent qu'on ne sait jamais; et puis ceux qui pensent qu'on sait toujours.

Auteur: Ford Richard

Info: Canada

[ chiasme ] [ dualité ]

 

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Ψ → B → Φ · Chaque lecteur est un neurone d'un cerveau anthropo-Gaïen.

couple

Je me brise

seulement pour voir

ce que tu m'as fait à l'intérieur.


Auteur: Soto Paola

Info: Sans-manteau

[ poème ] [ romantisme ]

 

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Ψ ↔ B ↔ Φ · La pensée n'est pas dans la tête. Elle passe à travers.

fonction paternelle

Le moi idéal, c’est le fils de famille au volant de sa petite voiture de sport. Avec ça il va vous faire voir du pays. Il va faire le malin. Il va exercer son sens du risque, ce qui n’est point une mauvaise chose, son goût du sport comme on dit, et tout va consister à savoir quel sens il donne à ce mot "sport", si du "sport" ça ne peut pas être aussi le défi à la règle - je ne dis pas seulement du code de la route, mais aussi bien de la sécurité. Quoi qu’il en soit c’est bien le registre où il aura à se montrer ou à ne pas se montrer et à savoir comment il convient de se montrer plus fort que les autres, même si ceci consiste à dire qu’on y va un peu fort. Le moi idéal c’est ça.

Je n’ouvre qu’une porte latérale - car ce que j’ai à dire c’est le rapport avec l’idéal du moi - une porte latérale avec ceci : qu’il ne laisse pas tout seul et sans objet le moi idéal, parce qu’après tout dans telle occasion - pas dans toutes - s’il se livre à ces exercices scabreux c’est pour quoi ? Pour attraper une gamine !

Est-ce que c’est tellement pour attraper une gamine que pour la façon d’attraper la gamine ? Le désir importe peut être moins ici que la façon de le satisfaire. Et c’est bien en quoi et pourquoi, comme nous le savons, la gamine peut être tout à fait accessoire, même manquer. Pour tout dire, ce côté-là qui est celui où ce moi idéal vient prendre sa place dans le fantasme, nous voyons mieux, plus facilement qu’ailleurs, ce qui règle la hauteur de ton des éléments du fantasme, et qu’il doit y avoir quelque chose ici, entre les deux termes, qui glisse pour que l’un des deux puisse si facilement s’élider. Ce terme qui glisse, nous le connaissons : pas besoin ici d’en faire état avec plus de commentaire, c’est le petit phi [ϕ], le phallus imaginaire, et ce dont il s’agit, c’est bien de quelque chose qui se met à l’épreuve.

Qu’est-ce que c’est que l’idéal du moi ? L’idéal du moi qui a le plus étroit rapport avec ce jeu et cette fonction du moi idéal est bel et bien constitué par le fait qu’au départ, je vous ai dit : s’il a sa petite voiture de sport, c’est parce qu’il est le fils de famille et qu’il est "le fils à papa" et que - pour changer de registre - si "Marie-Chantal" comme vous le savez s’inscrit au parti communiste, c’est pour faire chier "Père". De savoir si elle ne méconnaît pas dans cette fonction sa propre identification à ce qu’il s’agit d’obtenir en faisant chier père, c’est encore une porte latérale que nous nous garderons de pousser.

Mais disons bien que l’une et l’autre, Marie-Chantal et le fils à papa au volant de sa petite voiture, seraient tout simplement englobés dans ce monde organisé comme ça par le père s’il n’y avait pas justement le signifiant "Père", qui permet, si je puis dire, de s’en extraire pour s’imaginer, et même pour arriver à le faire chier.

C’est ce qu’on exprime en disant qu’il ou elle introjecte dans l’occasion l’image paternelle.

Est-ce que ça n’est pas aussi dire que c’est l’instrument grâce à quoi les deux personnages, masculin et féminin, peuvent s’extrojecter eux de la situation objective ?

L’introjection, c’est en somme ça : s’organiser subjectivement de façon à ce que le père en effet, sous la forme de l’idéal du moi pas si méchant que ça, soit un signifiant d’où la petite personne, mâle ou femelle, vienne à se contempler sans trop de désavantage au volant de sa petite voiture ou brandissant sa carte du parti communiste. En somme, si de ce signifiant introjecté le sujet tombe sous un jugement qui le réprouve, il prend par là la dimension du "réprouvé", ce qui, comme chacun sait, n’a rien de narcissiquement si désavantageux. Mais alors, il en résulte que nous ne pouvons pas parler si simplement de la fonction de l’ego idéal comme réalisant d’une façon en quelque sorte massive la coalescence de l’autorité bienveillante, et de ce qui est bénéfice narcissique comme si c’était purement et simplement inhérent à un seul effet au même point.

[…]

La distinction nécessaire du lieu où se produit le bénéfice narcissique avec le lieu où le moi idéal fonctionne, nous force d’interroger différemment le rapport de l’un et de l’autre avec la fonction de l’amour, ce rapport avec la fonction de l’amour qu’il ne s’agit pas d’introduire - et moins que jamais au niveau où nous sommes de l’analyse du transfert - d’une façon confusionnelle.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 31 mai 1961

[ exemple ] [ pivot structurant ] [ définition ] [ concepts psychanalytiques ] [ différence ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

Ψ ↔ B ↔ Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

concept psychanalytique

L’idéal du moi c’est ce quelque chose qui, d’être en soi-même originé dans les premières lésions du narcissisme, redevient apprivoisé d’être introjecté. C’est ce que nous explique FREUD d’ailleurs. Pour le surmoi, on s’apercevra qu’il faut bien tout de même admettre qu’il doit y avoir un autre mécanisme, car tout en étant introjecté, le surmoi ne devient pas pour autant beaucoup plus bénéfique.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 31 mai 1961

[ définition ] [ différence ] [ origine ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

Ψ ↔ B ↔ Φ · Ne célébrez pas la complexité avant d'avoir compris la disponibilité.

psychanalyse

Autour de quoi le tournant de 1920 tourne-t-il ? Autour du fait que, comme le disent les gens de l’époque, les héros de la première génération analytique : "l’interprétation, ça ne fonctionne plus comme ça a fonctionné", l’air n’est plus à ce que ça fonctionne, à ce que ça réussisse. Et pourquoi ? Ça n’a pas épaté FREUD, il l’avait dit depuis bien longtemps. On peut pointer celui de ses textes où il dit très tôt, dans les Essais techniques : "Profitons de l’ouverture de l’inconscient parce que bientôt il aura retrouvé un autre truc". Qu’est-ce que ça veut dire pour nous, qui pouvons de cette expérience faite - et nous-mêmes glissant avec - quand même trouver les repères ?

Je dis que l’effet d’un discours, je parle de celui de la première génération analytique, qui, portant sur l’effet d’un discours : l’inconscient, ne le sait pas que c’est de ça qu’il s’agit - encore que ce fût là, et depuis la Traumdeutung où je vous apprends à le reconnaître, à l’épeler - à savoir qu’il ne s’agit constamment sous le terme des mécanismes de l’inconscient que de l’effet du discours. C’est bien ceci : l’effet d’un discours qui, portant sur l’effet d’un discours : l’inconscient, qui ne le sait pas, aboutit nécessairement à une cristallisation nouvelle de ces effets d’inconscient qui opacifie ce discours. "Cristallisation nouvelle" ça veut dire quoi ? Ça veut dire les effets que nous constatons, à savoir que ça ne fait plus le même effet aux patients qu’on leur donne certains aperçus, certaines clés, qu’on manie devant eux certains signifiants.

Mais observez-le bien, les structures subjectives qui correspondent à cette cristallisation nouvelle, n’ont pas besoin, elles, d’être nouvelles. À savoir ces registres, ces degrés d’aliénation, si je puis dire, que nous pouvons dans le sujet spécifier, qualifier, sous les termes par exemple de moi, de surmoi, d’idéal du moi. C’est comme des "ondes stables", quel que soit ce qui se passe, ces effets qui mettent en recul, immunisent, mithridatisent le sujet par rapport à un certain discours, qui empêchent que ce soit celui-là qui puisse continuer à fonctionner, quand il s’agit de mener le sujet là où nous devons le mener, c’est à savoir à son désir.

Ça ne change rien sur les points nœuds où lui, comme sujet, va se reconnaître, s’installer. Et c’est cela qu’à ce tournant FREUD constate. Si FREUD s’essaie à définir quels sont ces points stables, ces "ondes fixes" dans la constitution subjective, c’est parce que c’est ça qui lui apparaît très remarquablement à lui comme une constante. Mais ce n’est pas pour les consacrer qu’il s’en occupe et les articule, c’est dans la pensée de les lever comme obstacles. Ce n’est pas pour instaurer comme une espèce d’inertie irréductible la fonction Ich prétendue "synthétique" du moi, même quand il en parle, qu’il la met là au premier plan et c’est pourtant comme ceci que cela a été interprété dans la suite.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 31 mai 1961

[ historique ] [ évolution ] [ résistance ] [ habituation ] [ malentendu ]

 

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Ψ → B → Φ · Le mystique sait que le signal précède le message.

concept psychanalytique

Dès lors qu’il y a une foule, ou une masse, organisée de ceux qui sont dans cette fonction d’analyste, se posent tous les problèmes que soulève FREUD effectivement dans cet article, qui sont - comme je l’ai aussi en son temps éclairé - les problèmes d’organisation de la masse, dans son rapport à l’existence d’un certain discours. Et il faudrait reprendre cet article en l’appliquant à l’évolution de la fonction analytique, de la théorie que les analystes s’en sont fait, en ont promue, pour voir quelle nécessité fait converger - c’est presque immédiatement, intuitivement sensible et compréhensible - quelle gravitation attire la fonction de l’analyste vers l’image qu’il peut s’en faire, pour autant que cette image va se situer très précisément au point que FREUD nous apprend à dégager, dont FREUD mène à son terme la fonction à ce moment de la seconde topique, et qui est celui de l’Ich Ideal, traduction : idéal du moi.

Ambiguïté, dès maintenant, devant ces termes : Ich Ideal. Par exemple, dans un article auquel je vais me référer tout à l’heure, sur Transfert et amour - pour nous très important - qui a été lu à la Société psychanalytique de Vienne en 1933 par ses auteurs et qui a été publié dans Imago en 1934 - il se trouve que je l’ai - il n’est pas facile de se procurer les Imago, il est plus facile d’avoir le Psychoanalytic Quarterly de 1939 où il a été traduit en anglais sous le titre de Transference and Love, Ich Ideal est traduit en anglais par ego ideal.

Ce jeu de la place dans les langues, du déterminant par rapport au déterminé, de l’ordre pour tout dire de la détermination, est quelque chose qui joue son rôle qui n’est point de hasard. Quelqu’un qui ne sait pas l’allemand pourrait croire que Ich Ideal veut dire moi idéal. J’ai fait remarquer que dans l’article inaugural - où on parle de Ich Ideal, de l’idéal du moi - Einführung zur Narzissmus, il y a de temps en temps Ideal Ich. Et Dieu sait si pour nous tous c’est un objet de débat : moi-même disant qu’on ne saurait, même un instant, négliger sous la plume de FREUD - si précise concernant le signifiant - une pareille variation, et d’autres disant qu’il est impossible qu’à l’examen du contexte, on s’y arrête d’aucune façon.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 31 mai 1961

[ précision sémantique ] [ conflit ]

 

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Ψ → B → Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.