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sexuation

[...] le phallus se trouve être cet élément imaginaire [...] par lequel le sujet, au niveau génital, est introduit dans la symbolique du don.

La symbolique du don et la maturation génitale, qui sont deux choses différentes, sont pourtant liées par un facteur qui est inclus dans la situation humaine réelle, à savoir les règles instaurées par la loi quant à l’exercice des fonctions génitales, en tant qu’elles viennent effectivement en jeu dans l’échange interhumain. [...] Il s’avère [...] que le fantasme du phallus, au niveau génital, prend sa valeur à l’intérieur de la symbolique du don. [...]

L’enfant femelle, c’est en tant qu’elle ne possède pas le phallus qu’elle est introduite à la symbolique du don. C’est en tant qu’elle phallicise la situation, c’est-à-dire qu’il s’agit d’avoir ou de n’avoir pas le phallus, qu’elle entre dans le complexe d’Œdipe. Le garçon, [...] ce n’est pas par là qu’il y entre, c’est par là qu’il en sort. A la fin du complexe d’Œdipe, au moment où il réalise sur un certain plan la symbolique du don, il faut qu’il fasse don de ce qu’il a. La fille, si elle entre dans le complexe d’Œdipe, c’est pour autant que ce qu’elle n’a pas, elle a à le trouver dans le complexe d’Œdipe.

Ce qu’elle n’a pas, qu’est-ce à dire ? Nous sommes déjà ici au niveau où un élément imaginaire entre dans une dialectique symbolique. Or, dans une dialectique symbolique, ce qu’on n’a pas est tout aussi existant que le reste. Simplement, c’est marqué du signe moins. Elle entre donc avec ce moins, comme le garçon avec le plus. Reste qu’il faut qu’il y ait quelque chose pour qu’on puisse mettre plus ou moins, présence ou absence. Ce dont il s’agit et qui est là en jeu, c’est le phallus.

Auteur: Lacan Jacques

Info: dans le "Séminaire, Livre IV", "La relation d'objet", éditions du Seuil, 1994, pages 170-171

[ concept psychanalytique ] [ réel-symbolique-imaginaire ]

 

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réel-symbolique-imaginaire

[...] que se passe-t-il si l’agent symbolique, le terme essentiel de la relation de l’enfant à l’objet réel, la mère comme telle, ne répond plus ? Si à l’appel du sujet, elle ne répond plus ?

Donnons la réponse nous-mêmes. Elle déchoit. Alors qu’elle était inscrite dans la structuration symbolique qui la faisait objet présent-absent en fonction de l’appel – elle devient réelle. [...]

Lorsqu’elle ne répond plus, lorsque, en quelque sorte, elle ne répond plus qu’à son gré, elle sort de la structuration, et elle devient réelle, c’est-à-dire qu’elle devient une puissance. [...]

Corrélativement se produit un renversement de la position de l’objet. Tant qu’il s’agit d’une relation réelle, le sein – prenons-le comme exemple – on peut le faire aussi enveloppant que l’on veut. Par contre, à partir du moment où la mère devient puissance, et comme telle réelle, et que c’est d’elle que manifestement dépend pour l’enfant l’accès aux objets, que se passe-t-il ? Ces objets qui étaient jusque-là, purement et simplement, objets de satisfaction, deviennent de la part de cette puissance, objets de don. Et les voilà maintenant, de la même façon, ni plus ni moins, que la mère jusqu’à présent, susceptibles d’entrer dans la connotation présence-absence [ordre symbolique], comme dépendant de cet objet réel qu’est désormais la puissance maternelle. [...] les objets que l’enfant veut retenir auprès de lui, ne sont plus tellement des objets de satisfaction, mais ils sont la marque de la valeur de cette puissance qui peut ne pas répondre, et qui est la puissance de la mère.

En d’autres termes, la position s’est renversée – la mère est devenue réelle, et l’objet symbolique. [...] L’objet a dès lors deux ordres de propriété satisfaisante, il est deux fois objet possible de satisfaction – comme précédemment, il satisfait à un besoin, mais aussi il symbolise une puissance favorable.

Auteur: Lacan Jacques

Info: dans le "Séminaire, Livre IV", "La relation d'objet", éditions du Seuil, 1994, pages 91 à 93

[ toute-puissance maternelle ] [ mère-enfant ]

 

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Ψ → B → Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.

concept psychanalytique

[…] l’objet phallus, n’est pas la simple spécification, l’homologue, l’homonyme du petit(a) imaginaire où déchoit la plénitude de l’Autre, du grand A. Ce n’est pas une spécification enfin venue au jour de ce qui aurait été auparavant l’objet oral, puis l’objet anal.

[…] c’est un objet privilégié dans le champ de l’Autre. C’est un objet qui vient en déduction du statut de l’Autre, du grand Autre comme tel.

En d’autres termes, le petit(a) […] c’est le A moins phi [phallus imaginaire] : (a) = A – φ.

En d’autres termes, c’est par ce biais que le φ (phi) vient à symboliser ce qui manque à l’A pour être l’A noétique, l’A de plein exercice, l’Autre en tant qu’on peut faire foi à sa réponse à la demande. De cet Autre noétique, le désir est une énigme, et cette énigme est nouée avec le fondement structural de sa castration. C’est ici que va s’inaugurer toute la dialectique de la castration.

Faites attention maintenant de ne pas confondre non plus cet objet phallique avec ce même signe qui serait le signe au niveau de l’Autre de son manque de réponse, le manque dont il s’agit ici, est le manque du désir de l’Autre. La fonction que va prendre ce phallus en tant qu’il est rencontré dans le champ de l’imaginaire, c’est non pas d’être identique à l’Autre comme désigné par le manque d’un signifiant, mais d’être la racine de ce manque.

C’est l’Autre qui se constitue dans une relation, privilégiée certes à cet objet φ, mais dans une relation complexe.

C’est ici que nous allons trouver la pointe de ce qui constitue l’impasse et le problème de l’amour, c’est que le sujet ne peut satisfaire la demande de l’Autre qu’à le rabaisser, qu’à le faire lui, cet autre, l’objet de son désir.



Auteur: Lacan Jacques

Info: 22 mars 1961

[ définition ] [ mathème ]

 

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Ψ → B → Φ · Ne célébrez pas la complexité avant d'avoir compris la disponibilité.

souffrance

Tous ceux qui se manifestent comme ayant pénétré, comme manifestant les exigences de ce champ [de la douleur], sont-ils en fin de compte des masochistes ? Je vous dis tout de suite que je ne le crois pas.

Le masochisme - phénomène marginal - a en lui quelque chose de quasi caricatural qu’après tout, les explorations moralistes de la fin du XIXème siècle ont assez bien dénudé. C’est qu’en quelque sorte cette douleur masochiste finit par ressembler, dans son économie, à celle des biens. On veut partager la douleur comme on partage des tas d’autres choses, du reste c’est tout juste si on ne se bat pas autour.

Mais est-ce qu’il ne s’agit pas là de quelque chose où intervient la reprise - reprise panique - dans cette dialectique, des biens ? À vrai dire, tout dans le comportement du masochiste - je parle du masochiste pervers - nous indique que c’est bien là quelque chose qui est structural dans son comportement. Lisez Monsieur DE SACHER MASOCH, auteur fortement instructif encore que de beaucoup moins grande envergure que SADE. Vous y verrez qu’au dernier terme, le désir de se réduire soi-même à ce rien qu’est un bien, cette chose qu’on traite comme un objet, cet esclave qu’on se transmet et qu’on partage et qu’on tient pour ce rien qui est un bien, est véritablement la véritable pointe d’horizon où se projette la position du masochiste pervers.

Il ne faut jamais aller trop vite dans la rupture des homonymies inventives. Que le masochisme ait été appelé masochisme aussi loin que la psychanalyse l’a fait, n’est sans doute pas sans raison. Je crois que l’unité qui se dégage de tous les champs où la pensée analytique a étiqueté le masochisme, est très précisément fait de ce quelque chose qui, toujours dans tous ces champs, fait participer la douleur du caractère d’un bien.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 18 mai 1960

[ analogie structurelle ]

 

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Ψ → B → Φ · Ne célébrez pas la complexité avant d'avoir compris la disponibilité.

trait d'esprit

Nous en sommes arrivés à la notion qu’au cours d’un discours précisément intentionnel où le sujet se présente comme voulant dire quelque chose, quelque chose se produit qui dépasse son vouloir : quelque chose qui se présente comme un accident, comme un paradoxe, comme un scandale.

Cette néoformation se présente avec des traits non pas du tout négatifs d’une sorte d’achoppement, d’acte manqué, comme elle pourrait l’être… après tout, je vous en ai montré des équivalents, des choses qui y ressemblent singulièrement, dans l’ordre du pur et simple lapsus …mais au contraire se trouve, dans les conditions où cet accident se produit, être enregistrée, être valorisée au rang de phénomène significatif, précisément d’engendrement d’un sens au niveau de la néoformation signifiante, d’une sorte de collapsus de signifiants qui se trouvent là - comme dit FREUD - comprimés l’un avec l’autre, emboutis l’un dans l’autre, et que cette signification crée, et je vous en ai montré les nuances et l’énigme - entre quoi et quoi ? – entre cette évocation de "manière d’être" proprement métaphorique :

"Il me traitait d’une façon tout à fait famillionnaire"

…cette évocation de "manière d’être", cet "être verbal" tout près de prendre cette animation singulière dont j’ai essayé déjà d’agiter devant vous le fantôme avec le "famillionnaire" :

– le "famillionnaire" en tant qu’il fait son entrée dans le monde, comme représentatif de quelque chose qui pour nous est très susceptible de prendre une réalité et un poids infiniment plus constants que ceux plus effacés du millionnaire,

– mais dont je vous ai montré aussi combien il a quelque chose dans l’existence d’assez animateur pour représenter vraiment un personnage caractéristique d’une époque historique et je vous ai indiqué qu’il n’y avait pas que HEINE à l’avoir inventé, je vous ai parlé du Prométhée mal enchaîné de GIDE et de son miglionnaire.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 20 novembre 1957

[ métaphore ] [ objet métonymique ] [ inconscient ] [ déchet discursif ]

 

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Ψ ↔ B ↔ Φ · Ne célébrez pas la complexité avant d'avoir compris la disponibilité.

fonction paternelle

En d’autres termes, ceci : que nous tendons à repousser de notre horizon toujours plus, voire à dénier dans notre expérience, paradoxalement de plus en plus, nous autres analystes, la place du père. Pourquoi ? Mais simplement parce qu’elle s’efface dans toute la mesure où nous perdons le sens et la direction du désir, où notre action auprès de ceux qui se confient à nous, tendrait à lui passer - à ce désir - je ne sais quel doux licol, je ne sais quel soporifique, je ne sais quelle façon de suggérer, qui le ramène au besoin. Et c’est bien pourquoi nous voyons toujours plus, et de plus en plus, au fond de cet Autre que nous évoquons chez nos patients : la mère. Il y a quelque chose qui résiste malheureusement, c’est que cette mère nous l’appelons castratrice. Et pourquoi, grâce à quoi l’est-elle ? Nous le savons bien dans l’expérience, et c’est ça qui est le cordon qui nous garde au contact de cette dimension qu’il ne faut pas perdre, c’est ceci - du point où nous sommes et du point de la perspective réduite du même coup qui est la nôtre - c’est que la mère est d’autant plus castratrice qu’elle n’est pas occupée à castrer le père.

[…] Nous savons bien que nous ne pouvons pas non plus opérer dans notre position d’analyste comme opère FREUD, qui prenait dans l’analyse la position du père. Et c’est ce qui nous stupéfie dans sa façon d’intervenir. Et c’est pour ça que nous ne savons plus où nous fourrer, parce que nous n’avons pas appris à réarticuler, à partir de là, quelle doit être notre position à nous. Le résultat, c’est que nous passons notre temps à dire à nos patients : "vous nous prenez pour une mauvaise mère", ce qui n’est tout de même pas non plus la position que nous devons adopter.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 10 mai 1961

[ psychanalyse ] [ service des biens ] [ évolution ] [ actualisation ]

 

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Ψ → B → Φ · La pensée n'est pas dans la tête. Elle passe à travers.

castration

C’est donc sur le plan de la privation de la mère qu’à un moment donné de l’évolution de l’Œdipe la question se pose pour le sujet d’accepter, d’enregistrer, de symboliser lui-même, de rendre signifiante, cette privation dont la mère s’avère être l’objet. Cette privation, le sujet enfantin l’assume ou ne l’assume pas, l’accepte ou la refuse. Ce point est essentiel. [...]

[...] dans la mesure où l’enfant ne franchit pas ce point nodal, c’est-à-dire n’accepte pas la privation du phallus sur la mère opérée par le père, il maintient dans la règle – la corrélation est fondée dans la structure – une certaine forme d’identification à l’objet de la mère, cet objet que je vous représente depuis l’origine comme un objet-rival, pour employer le mot qui surgit là, et ce, qu’il s’agisse de phobie, de névrose ou de perversion. [...] quelle est la configuration du rapport à la mère, au père, et au phallus, qui fait que l’enfant n’accepte pas que la mère soit privée par le père de l’objet de son désir ? Dans quelle mesure faut-il dans tel cas pointer qu’en corrélation avec ce rapport, l’enfant maintient son identification au phallus ?

[...] Sur le plan imaginaire, il s’agit pour le sujet d’être ou de n’être pas le phallus. La phase qui est à traverser met le sujet en position de choisir.

Mettez aussi ce choisir entre guillemets, car le sujet y est aussi passif qu’il est actif, pour la bonne raison que ce n’est pas lui qui tire les ficelles du symbolique. La phrase a été commencée avant lui, a été commencée par ses parents, et ce à quoi je vais vous amener, c’est précisément au rapport de chacun de ces parents à cette phrase commencée, et à la façon dont il convient que la phrase soit soutenue par une certaine position réciproque des parents par rapport à cette phrase.

Auteur: Lacan Jacques

Info: Dans le "Séminaire, Livre V", "Les formations de l'inconscient (1957-1958)", éditions du Seuil, 1998, pages 185-186

[ topologie psychanalytique ] [ dépositaire d'un discours ] [ déterminisme partiel ]

 

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Ψ ⇒ B ⇒ Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.

mécanismes de l'inconscient

Dans ce texte [L’instance de la lettre dans l’inconscient] dont vous y verrez que ce que j’appelle - après d’autres : c’est Roman JAKOBSON qui l’a inventée - "la fonction métaphorique et métonymique du langage" est liée à quelque chose qui s’exprime très simplement dans le registre du signifiant, les caractéristiques du signifiant étant celles - comme je l’ai déjà plusieurs fois énoncé au cours des années précédentes - de l’existence d’une chaîne articulée, et ajoutai-je dans cet article, tendant à former des groupements fermés, c’est-à-dire formés d’une série d’anneaux se prenant les uns dans les autres pour former les chaînes, lesquelles elles-mêmes se prennent dans d’autres chaînes à la façon d’anneaux, ce qui est un peu évoqué aussi par la forme générale de ce schéma, mais qui n’est pas directement présenté.

L’existence de ces chaînes dans leur double dimension implique ceci que les articulations ou liaisons du signifiant comportent deux dimensions :

– celle qu’on peut appeler de la combinaison, de la continuité, de la concaténation de la chaîne,

– et celle des possibilités de substitution toujours impliquées dans chaque élément de la chaîne.

Ce deuxième élément absolument essentiel est cet élément qui, dans la définition linéaire que FREUD donnait du rapport du signifiant et du signifié, est ce qui est omis. En d’autres termes, dans tout acte de langage la dimension diachronique est essentielle, mais il y a une synchronie impliquée, évoquée par la possibilité permanente de substitution inhérente à chacun des termes du signifiant.

En d’autres termes, ce sont les deux rapports que je vais vous indiquer :

– f(S...S1) S2 = S (-) s : diachronie - métonymie

– f(S/S1) S2 = S (+) s : synchronie - métaphore

– L’une donnant le lien de la combinaison du lien du signifiant,

– et l’autre l’image du rapport de substitution toujours implicite dans toute articulation signifiante.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 13 novembre 1957

[ résumé ] [ formules ] [ déplacement ]

 
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Ψ ↔ B ↔ Φ · Rien n'est secret. Tout doit rester ouvert, visible, contestable.

reflet

Il est très frappant de voir le petit enfant, parfois encore enclos dans ces petits appareils avec lesquels il commence d’essayer de faire les premières tentatives de la marche, et où encore même le geste de la prise du bras ou de la main est marqué du style de la dissymétrie, de l’inappropriation, de voir cet être encore insuffisamment stabilisé, même au niveau cérébelleux, néanmoins s’agiter, s’incliner, se pencher, se tortiller avec tout un gazouillis expressif devant sa propre image pour peu qu’on ait mis à sa portée un miroir mis assez bas, et montrant en quelque sorte d’une façon vivante le contraste entre cette chose dessinable d’un qui est devant lui projeté, qui l’attire, avec quoi il s’obstine à jouer, et ce quelque chose d’incomplet qui se manifeste dans ses propres gestes. 

Et là, ma vieille thématique du stade du miroir, pour autant que j’y suppose, que j’y vois un point exemplaire, un point hautement significatif qui nous permet de présentifier, d’imaginer, pour nous les points clés, les points carrefours où peut se faire jour, se concevoir le renouvellement de cette sorte de possibilité toujours ouverte au sujet, d’un autobrisement, d’un autodéchirement, d’une automorsure, devant ce quelque chose qui est à la fois lui et un autre. J’y vois une certaine dimension du conflit où il n’y a d’autre solution que celle d’un "ou bien ou bien".

Il lui faut ou le tolérer comme une image insupportable qui le ravit à lui–même, ou il lui faut le briser tout de suite, c’est-à-dire renverser la position, considérer comme annulé, annulable, brisable celui qu’il a en face de lui-même, et de lui-même conserver ce qui est à ce moment le centre de son être, la pulsion de cet être par l’image, cette image de l’autre - qu’elle soit spéculaire ou incarnée - qui peut être en lui évoquée. Le rapport, le lien de l’image avec l’agressivité est ici tout à fait articulable.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 7 juin 1961

[ néoténie ] [ étonnement ] [ altérité ] [ division ] [ aliénation ]

 

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Ψ ↔ B ↔ Φ · L'émotion traverse le temps comme l'eau traverse le sol.

analyste-analysant

C’est donc autour de ce terme de "compréhension" que va pivoter ce que j’entends vous montrer aujourd’hui pour permettre de serrer de plus près ce qu’on peut appeler selon nos termes, le rapport de la demande du sujet avec son désir, étant entendu que ce que nous avons mis au principe - ce en quoi nous avons montré que le retour est nécessaire - c’est à mettre au premier plan que ce dont il s’agit dans l’analyse n’est autre chose que la mise au jour de la manifestation du désir du sujet.

Où est la "compréhension" quand nous comprenons ? Quand nous croyons comprendre, qu’est-ce que cela veut dire ? Je pose que cela veut dire dans sa forme la plus assurée, je dirai dans sa forme primaire, que la compréhension de quoi que ce soit que le sujet articule devant nous est quelque chose que nous pouvons définir ainsi au niveau du conscient, c’est qu’en somme nous savons quoi répondre à ce que l’autre demande. C’est dans la mesure où nous croyons pouvoir répondre à la demande que nous sommes dans le sentiment de comprendre.

Sur la demande pourtant, nous en savons un peu plus que cet abord immédiat, précisément en ceci que nous savons que la demande n’est pas explicite, qu’elle est même beaucoup plus qu’implicite, qu’elle est cachée pour le sujet, qu’elle est comme devant être interprétée. Et c’est là qu’est l’ambiguïté pour autant que nous qui l’interprétons, nous répondons à la demande inconsciente sur le plan d’un discours qui pour nous est un discours conscient. C’est bien là qu’est le biais, le piège et qu’aussi bien depuis toujours nous tendons à glisser vers cette supposition, cette capture que notre réponse, le sujet en quelque sorte devrait se contenter de ce que nous mettons au jour par notre réponse quelque chose dont il devrait se satisfaire.

Nous savons que c’est là que se produit pourtant toujours quelque résistance.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 15 mars 1961

[ question ] [ imaginaire ]

 

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Ψ ← B ← Φ · Le collectif ne précède pas l'individu : il le rend possible.