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analyste-analysant

Vous n’avez pas vécu l’expérience personnelle de la névrose. Vous la connaissez d’en face, vous en êtes indemne, elle ne vous a pas meurtri, ça se sent trop cruellement ! Ce n’est pas de me piétiner qui me guérira. Je ne cherche pas un témoin qui ajoute son accusation à celle que déjà je porte contre moi, mais une aide. Comprenez-vous la différence ?

Je souffre horriblement de cette insensibilité affective qui me rend étrangère à tout : une séance comme celle-ci la durcit encore et ainsi ces séances l’aggravent, m’y figent et m’y enfoncent définitivement.

Vous ne comprenez donc pas ce paradoxe de séances qui, au lieu de m’éclairer et de m’orienter, m’obscurcissent, me tourmentent et rendent mon mal plus lourd, avec vous pour toute aide ; trouvez cela très drôle et moquez-vous de moi. Vous ne savez pas quel mal on fait à se moquer d’une souffrance qui brise l’autre ?

Je persévère parce que je veux en sortir mais je ne vous sens pas avec moi pour cela ; vous êtes toujours contre moi. Peu importe que je guérisse un jour ou jamais pourvu que vous ayez le plaisir personnel d’être ironique et moqueur et que je vous paie en billets le temps que vous y passez. Il fallait m’avertir au début que la psychanalyse, du moins votre méthode, consiste à apprendre à ceux qui ont la candeur d’en attendre quelque chose, que les hommes sont des loups les uns pour les autres : c’est tout – et que ce que vit et ressent le malade ne compte pas humainement, n’existe pas.

Auteur: Marie de la Trinité Paule Marie Aimée de Mulatier

Info: Résumé de la séance avec Jacques Lacan du 3 avril 1952

[ critique ] [ incompatibilité ] [ froideur ] [ anéantissement ] [ démolition ]

 

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inséré par Coli Masson

Ψ ⇄ B ⇄ Φ · Le quorum se formera — ou non.

auto-dépréciation

Pourquoi un tel doute pesait-il sur la valeur des jugements de ma conscience ? […]

Remontant d’étape en étape dans ma vie, j’ai constaté que tout cela était extrêmement vieux, ou plutôt datait de ma première enfance.

J’avais toujours eu très honte de moi, les souvenirs de mes hontes me revenaient en foule, avec ce trait commun à tous que j’étais toujours très inférieure à ce que j’aurais dû être et que c’était une honte pour ma famille, dans laquelle je faisais tache.

Mon jugement personnel (en tant que personnel) ne m’avait jamais paru valable, en raison de certains faits très souvent répétés et d’une constatation :

- Les faits se rapportent à l’habitude qu’avaient mes sœurs de dire et répéter de moi : "Elle est bête, elle est trop bête, on n’en a jamais vu une si bête !" De plus, on s’amusait beaucoup à me dire, sur le même ton, des choses vraies et d’autres fausses et l’on jouissait sans malice de mon embarras, car je ne savais jamais s’il fallait croire ou rire ; quand je me trompais tous riaient, alors je pleurais et mes petits chagrins provoquaient alors une plus grande hilarité. Comme nous nous aimions tous beaucoup, cela paraissait aux autres anodins, mais à moi, tragique.

- J’ai constaté très jeune, en me comparant à ceux avec qui je vivais, que j’étais beaucoup plus qu’eux en communion avec la réalité concrète, je m’y sentais vivre tandis que tout ce qui relevait du domaine de l’abstrait me semblait vide et mort, sans consistance ; comme je ne savais comment faire pour m’y introduire, je pensai très tôt que j’étais incapable d’idées et, par suite, de jugements justes : ce domaine me dépassait.

Auteur: Marie de la Trinité Paule Marie Aimée de Mulatier

Info: De l'angoisse à la paix, éditions Arfuyen, 2003, pages 52-53

[ méfiance ] [ dévalorisation ] [ incertitude ] [ faire tourner en bourrique ] [ plaisanteries traumatisantes ]

 
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inséré par Coli Masson

Ψ ⇄ B ⇄ Φ · L'émotion traverse le temps comme l'eau traverse le sol.

cure analytique

[bleu][Marie de la Trinité] J’ai continué : "J’ai déjeuné chez ma sœur qui a chez elle une allemande, j’ai pensé qu’elle n’avait pas l’occasion de voir des religieuses et j’ai cherché des points de rencontre."

Avant j’ai parlé du repas où je me suis reproché tout ce que j’ai pris, puis nous sommes allées au salon où elle m’a servi du café et m’en a proposé de nouveau, j’ai accepté pensant que je la scandalisais.

Je lui ai parlé d’Oberammergau et de l’Allemagne où j’ai voyagé autrefois et tout le temps je me suis reproché de chercher des points de contact pour ne pas lui paraître trop distante, étrangère, pensant que je la scandalisais en lui montrant une religieuse trop mélangée à la vie ordinaire, pas assez religieuse.

[rouge][Jacques Lacan] : "Vous en êtes encore là, à penser qu’on fait du bien par ce qu’on essaye de paraître ?"

[bleu] : "Il faut bien puisque toutes les fois où j’ai cherché à être moi-même je suis tombée à côté – comme cela a toujours été pour moi dans la vie religieuse."

[rouge] : "Par exemple ?"

[bleu] : "Quand j’étais ou voulais être moi-même, je tombais toujours à côté de ce qu’il fallait."

[rouge] : "Et puis ?"

[bleu] : "Cela scandalisait."

[rouge] : "Et puis ?"

[bleu] : "Cela divisait."

[rouge] : "Et puis ?"

[bleu] : "Cela empêchait la paix."

[rouge] : "Et puis ?"

[bleu] : "Cela empêchait l’unité qu’il devait y avoir entre nous."

[rouge] : "Mais êtes-vous sûre qu’elle existait avant ?"

[bleu] : "Elle ne pouvait pas exister entre elles et moi avant que j’arrive – et cela a été ainsi depuis le début."

Auteur: Marie de la Trinité Paule Marie Aimée de Mulatier

Info: Résumé de la séance du samedi 21 octobre 1950, Feuillet 5

[ psychanalyse ] [ analyste-analysant ]

 

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inséré par Coli Masson

Ψ → B → Φ · Le sol parle avant le langage.

cure analytique

[bleu][Marie de la Trinité] "J’avais toujours désiré cette vie contemplative. On a soi-même l’intuition de ce qui convient à soi-même. J’avais besoin d’une vie sédentaire, sans distraction, sans divertissement – on n’a pas voulu.

Il y a pour la vie religieuse une double attitude : vocation d’estime, on désire vivre la vie la plus parfaite et on choisit la vie religieuse, mais il n’y a pas d’appel personnel, pas de grâce individuelle. Ou bien, il y a vraiment appel de Dieu.

De même pour la vie contemplative : je ne l’ai pas désirée par estime, mais parce que je m’y sentais appelée. Et rien n’empêche que l’appel de Dieu se greffe sur des tendances pasychiques favorables."

[rouge][Jacques Lacan] : "Avez-vous parlé de cette distinction avec le père Motte ?"

[bleu] : "Non, il pensait, lui, qu’après quelques années de vie contemplative je retrouverais ma vocation missionnaire : mais cette vocation-là je ne l’ai jamais eue. J’ai choisi la vie religieuse non pour elle-même mais comme moyen le plus assuré d’union à Dieu. C’est seulement cette union à Dieu que je désire.

[rouge] : "Mais il n’est pas prouvé que la vie religieuse est le moyen le plus favorable."

[bleu] : "Il y a mieux que l’Église pour l’assurer, il y a l’Évangile ; et ce que j’en attendais, je ne l’ai pas eu, j’ai tout raté. La vie religieuse m’est bien égale et la vie contemplative aussi ; ce que je cherchais c’était uniquement l’union à Dieu – et j’ai tout raté. Je ne peux même plus prier – j’ai perdu l’orientation et l’élan

[rouge] : "Mais il y a des réussites qui sont faites d’échecs."

[bleu] : "J’ai pleuré et je me suis tu."

[rouge] : "Qu’est-ce qui vous arrête ? Une petite chose ? Des larmes ?

[bleu] : "Oui, j’ai tout manqué."

Auteur: Marie de la Trinité Paule Marie Aimée de Mulatier

Info: Résumé de la séance du samedi 21 octobre 1950, Feuillet 8

[ psychanalyse ] [ analyste-analysant ] [ nuit de l'âme ]

 

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inséré par Coli Masson

Ψ → B → Φ · L'émotion traverse le temps comme l'eau traverse le sol.

cléricaux

J’ai vu deux sœurs de passage à Paris ces jours-ci. L’une d’elle a comme d’habitude refoulé depuis des années sa sensibilité ce qui, à la longue l’a un peu désaxée − car détruire l’ordre naturel entraîne forcément des perturbations. Car il n’est jamais question d’intégrer la sensibilité à tout l’ensemble de la vie, mais seulement de la tenir en suspicion, de ne pas la satisfaire, au contraire. Les hommes ne peuvent rien y entendre, encore moins les directeurs qui pourtant donnent d’abondants conseils sur ce point – ils ne peuvent pas faire autrement que de mépriser et tenir pour suspect, ce qui, dans notre psychologie, diffère de la leur, et de l’éliminer de notre comportement spirituel. La sensibilité féminine est considérée par eux comme une tare, une infériorité. Je ne sais pas si je me trompe en pensant que notre sensibilité féminine a dans notre comportement psychologique, une influence équivalente à celle de la sexualité chez les hommes : pour elle, ils invoquent toutes les circonstances atténuantes quand ils sont lâches ; et ils fondent sur elle toute leur grandeur = d’une part, ils abusent honteusement des femmes, et de l’autre ils prennent la liberté de se livrer à toutes sortes d’excès de domination. Mais pour eux, tout est permis, c’est une entente collective et ils tiennent bon pour la défendre et se disculper les uns les autres.

Mais la sensibilité féminine a tout leur mépris – pourtant elle participe éminemment de l’esprit et souvent je pense que ce serait la plus grande force du monde si seulement on prenait soin de l’éduquer et de l’objectiver. Seulement cela accroîtrait la valeur féminine humaine – et cela porte ombrage à la plupart des hommes : ils ne demandent pas mieux que les femmes les dépassent sur certains points, à condition que cela soit dans le sens de l’effacement, du renoncement, de l’inspiration cachée qu’ils en reçoivent, etc. Plus nous sommes les modestes servantes de leur grandeur, plus y trouvent que tout est dans l’ordre. Ni le dogme, ni la morale n’obligent à penser comme eux, mais si une religieuse y déroge anathema sit. Encore est-ce pour son bien et pour lui ouvrir les yeux qu’ils lui font sentir leur mécontentement.

Auteur: Marie de la Trinité Paule Marie Aimée de Mulatier

Info: Lettre à Jacques Lacan, 24 juillet 1951

[ hommes-femmes ] [ misogynie discrète ] [ soumission ] [ contrôle ] [ peur ] [ pensée-de-femme ]

 
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inséré par Coli Masson

Ψ ± B ± Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

nuit de l'âme

J’ai grande envie de sortir de ce puits noir où je croupis depuis si longtemps ; c’est aussi mon premier devoir, car de l’accomplissement de celui-ci dépend l’accomplissement de tous les autres dont je ne vois plus même quels ils sont, ni s’ils m’obligent : je suis désaxée et désagrégée – désaxée quant à l’orientation de ma vie – désagrégée quant à moi-même, au-dedans.

Quand ce qui m’obsède s’apaise pour un temps, je m’aperçois qu’il y a, sous ces obsessions, quelque chose d’autre, une sorte de plaque neutralisante qui est autre chose qu’un frein : un frein retient les forces, mais les laisse intacte, parfois les renforce par sa résistance – là, c’est autre chose, je ne sais quoi de sournois qui dissout les forces à mesure et nivelle tout, atrophie et stérilise tout. Ce mal et cette souffrance dépassent tout ce par quoi j’ai passé jusqu’ici ; et c’est une sorte d’autodestruction organisée à demeure et qui étouffe et subtilise tout : avant qu’une pensée ait eu le temps de s’élaborer, elle est happée par ce vide, la même chose pour les décisions et pour tout – quelquefois, par chance, cela passe à travers ce crible de mort, mais c’est un hasard.

C’est ici la première fois que j’en parle, et je ne sais pas si vous comprendrez. Quand c’est trop fort, je reste figée de détresse.

Je sais bien que je ne sortirai pas seule de cela et du reste. Peut-être aurais-je dû dépasser ces misères à force de prière, mais avec les obsessions qui l’envahissent, peut-être par ma faute, je ne sais si ce secours m’est ôté. Cela aussi est une angoisse. Je puis seulement cela : me dire "Dieu voit, il sait" − quant à lever les yeux vers Lui, chercher sa présence, Lui parler directement, c’est impossible. Mais je n’ai aucune révolte contre ce qu’il permet, seulement je suis noyée dans un océan de confusion et de terreur : car tout cela n’est-il pas arrivé par ma faute – et au juste, qu’est-il donc arrivé ? Que s’est-il passé ? Je n’en sais rien – je vis une vie mi rêve, mi réalité, embrouillardée.


Auteur: Marie de la Trinité Paule Marie Aimée de Mulatier

Info: Lettre à Jacques Lacan, 18 septembre 1950

[ autosabotage ] [ névrose ]

 

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inséré par Coli Masson

Ψ ← B ← Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.

analyste-analysant

[après la narration d'un rêve]

[rouge] [Jacques Lacan] : "Le docteur Nodet vous avait parlé de masochisme, ce personnage en est le signe."

[bleu] [Marie de la Trinité] : "Je ne pense pas, pour moi il signifie plutôt que je suis psychologiquement et un peu physiquement homme et femme. Je pouvais avoir à volonté une structure mentale masculine ou féminine ; comme même, corporellement, j’ai quelque chose de masculin.

[rouge] : "Précisez."

[bleu] : "Pour le squelette, j’ai la carrure large et les hanches étroites ; les attaches des membres plus volumineuses que les femmes en général ; les muscles très formés, sans aucun exercice ; les traits du visage plus accentués que les traits féminins ; pour le reste je suis tout à fait comme les femmes ; mais cette structure qui donne de la force a peut-être une influence psychique. Mais nous, les femmes, nous sommes mal parties : les directeurs n’aiment pas sentir une force dans une femme, ça les gêne, ils me l’ont dit ; et les hommes, quand ils se marient, préfèrent une femme qui ait tout le charme féminin mais devant laquelle ils se sentent supérieurs. N’est-ce pas vrai que nous sommes ainsi toujours refoulées ?

[rouge] : "C’est tout à fait exact. Continuez ! Ces personnages ne vous ont-ils pas fait penser à vos parents ?"

[bleu] : "Pas du tout, car mes parents étaient extrêmement bons pour moi. Jamais ils ne m’ont dit de paroles dures, au contraire, ils m’encourageaient toujours – et je pleure."

[rouge] : "Et pourquoi êtes-vous maintenant sur le bord des larmes ?"

[bleu] : "Parce que je pensais toujours que mes parents étaient malheureux à cause de moi, qu’ils avaient honte de moi. Ils ne me le disaient pas : ils m’encourageaient, mais je le sentais. C’était pour moi une continuelle terreur de leur faire honte.

[rouge] : "En somme vous êtes l’auteur et le sujet de cette terreur."

[bleu] : "Exactement, mais je n’avais pas honte pour moi : j’étais sans valeur , il n’y avait pas lieu d’avoir honte pour moi, mais pour eux. Et je ne savais comment m’ingénier assez pour leur faire plaisir et qu’ils ne m’en veuillent pas.

Auteur: Marie de la Trinité Paule Marie Aimée de Mulatier

Info: Résumé de la séance du lundi 27 novembre 1950, Feuillet 5

[ cure analytique ] [ psychanalyse ] [ interprétation ] [ bisexualité psychique ] [ hommes-femmes ] [ cléricaux ] [ parents-enfant ] [ autoportrait ] [ complexe féminin ]

 
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inséré par Coli Masson

Ψ → B → Φ · Ne célébrez pas la complexité avant d'avoir compris la disponibilité.

hommes-femmes

Cette conscience, est-ce que vous pouvez m’aider à la retrouver ? Elle a été tellement mutilée, piétinée, harcelée, moquée (dans les “marottes” et les “lubies”, etc.) que c’est à peine s’il en reste des lambeaux. Et je le ressens comme ce qu’il y a de plus tragique et de plus horrible au monde – avec cette constatation que plus d’une fois l’esprit de rivalité masculine et de domination masculine a joué – et mettre ces tendances que tous les hommes ont envers toutes les femmes (consciemment ou inconsciemment, sous une forme crue ou voilée, habillée de motifs religieux très sincèrement et candidement consentis), les mettre, ces tendances, au service du ministère religieux, les englober dans les motivations toutes spirituelles qui doivent l’animer, c’est odieux.

On retrouve là, sous une forme terriblement significative et grossie, la tendance constante d’un homme devant une femme (qui ne lui est pas “uxor”*) à la rabaisser – ce qui est un moyen, même inconscient de se grandir, de se donner s’il en est besoin de l’assurance par ce moyen subtil, d’autant moins perceptible qu’il est plus subtil et que la droiture des intentions et des buts ne fait pas de doute.

Vous savez comment ce directeur de Jeanne Jugan lui a commandé de faire devant lui le tour de la pièce à quatre pattes, avec un sucre au bout de l’exercice : tout comme un animal = absolument un être de nature inférieure. De cela, vous pouvez rapprocher ce dessin du cahier de Fêtes et Saisons sur la Bible où Adam figure avec seulement un animal en guise d’Eve, et où la Vierge Marie même est absente – un groupe de femmes seulement autour de Jésus ressuscité, car alors sa résurrection le place dans la sphère transcendante où justement ces femmes ne sont pas. Quant à faire figurer Eve à côté d’Adam, et Marie Mère de Dieu, il n’en est pas question.

Le cahier de “Marie figure de l’Eglise” est très instructif sur l’idée que certains OP qui y ont écrit se font de la situation de la femme, de la forme que doit avoir sa spiritualité, etc. Ils appliquent leurs thèmes à la Vierge Marie, comme étant l’idéal de leur propre idéal de spiritualité féminine. Ils idéalisent en Marie leur idéal personnel, tiré de l’idéal traditionnel d’une mentalité féminine – pas tous, mais quelques uns.

Auteur: Marie de la Trinité Paule Marie Aimée de Mulatier

Info: Lettre au Père Motte, de Paris, le jeudi 14 décembre 1950 * mot latin signifiant " femme " ou " épouse " On disait que Freud était "uxorieux" en ce sens qu'il était d'une certaine façon soumis à sa femme (comme Socrate et Xanthippe ?)

[ misogynie discrète ] [ cléricaux ] [ église ]

 
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inséré par Coli Masson

Ψ → B → Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.

analyste-analysant

Il [Jacques Lacan] ne parle presque pas. Il m’a assuré que ce n’est pas du tout trop tard et qu’il m’aidera à sortir de là. J’ajoute qu’il me comprend bien et ne me morcelle pas sans pour autant tout mélanger. Il m’a dit au début qu’il a eu l’occasion d’étudier particulièrement les problèmes de la vie spirituelle. […] C’est là ce qui va bien mais il y a aussi autre chose qui m’a déjà fait hésiter à reprendre avec lui en octobre [1950] et continue de me gêner. Je le lui ai dit mais il n’y change rien, malgré que chaque fois qu’il me voit hésiter à continuer il me dit qu’il changera mais il n’en fait rien.

D’abord l’extrême brièveté de ces séances dont le maximum est de 30 minutes, assez souvent même, pas atteint : 20, 25 minutes; 2 ou 3 fois seulement sur tant de séances 35 à 40 minutes.

Le nombre de minutes m’est bien égal mais cette brièveté ne permet pas qu’il y ait jamais la moindre détente et je le quitte plus tendue que je ne suis venue : je ne me trouve jamais dans une situation qui me permette de revivre les choses ou de les dissoudre, ce qui est dit est simplement dit car je suis bien trop tendue pour le revivre.

C’est là son genre, je crois, car autant que j’ai pu m’en rendre compte dans les temps d’attente, il n’accorde pas plus de temps aux autres […]

Ensuite ceci : comme il ne me dit à peu près rien, je n’y vois guère plus clair. Je comprends bien qu’il faut que je parle et je le fais mais je m’attendais à plus d’éclaircissement. Les questions ou réflexions sont plus pour préciser ce que je dis ou m’en faire remarquer l’importance que pour m’aider à situer les choses… du "ça" et du "surmoi" il n’en est pas question. Il est fort cultivé et je pense qu’il l’est trop ; car j’aurais besoin de ces clartés élémentaires projetées sur moi-même comme ça se déroule. J’attends toujours et cela n’arrive pas.

Enfin, ces brèves séances sont comptées par lui aux mêmes conditions que si elles couvraient le temps d’une séance normale, ce qui me met dans la pensée gênante qu’il abuse à son gré d’une situation où je ne peux pas me défendre. Ce qui bien sûr ne concourt pas à la détente. Je lui ai dit tout cela mais il n’en tient aucun compte. […]

D’autre part, il me semble tellement consciencieux que je ne sais comment concilier sa façon de faire avec ce qu’il semble qu’il est.


Auteur: Marie de la Trinité Paule Marie Aimée de Mulatier

Info: Lettre au Dr Nodet, de Flavigny le 4 janvier 1951

[ critique ] [ cure analytique ] [ psychanalyse ] [ limites ]

 

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inséré par Coli Masson

Ψ ← B ← Φ · Le collectif ne précède pas l'individu : il le rend possible.