Citation
Catégorie
Tag – étiquette
Auteur
Info
Rechercher par n'importe quelle lettre



nb max de mots
nb min de mots
trier par
Dictionnaire analogique intriqué pour extraits... Recherche mots ou phrases tous azimuts... Outil de précision sémantique et de réflexion communautaire... Voir aussi la rubrique mode d'emploi. Jetez un oeil à la colonne "chaînes". ATTENTION, faire une REINITIALISATION après  une recherche complexe. Et utilisez le nuage de corrélats ... Lire la suite >>
Nuage de corrélats : pour l'activer, cochez seulement catégorie et tag dans la recherche avancée à gauche.
Résultat(s): 98445
Temps de recherche: 0.1176s

écrivain

Est moral celui qui réagit à la tentation dès qu’il la ressent en lui, sans y céder. Mais celui qui, tour à tour, pèche puis, dans son repentir, met en avant des exigences hautement morales, s’expose au reproche de s’être rendu la tâche trop facile. Il n’a pas accompli l’essentiel de la moralité, qui est le renoncement – la conduite de vie morale étant un intérêt pratique de l’humanité. Il nous fait penser aux barbares des invasions qui tuaient puis faisaient pénitence, la pénitence devenant du coup une technique qui permettait le meurtre. Ivan le Terrible ne se comportait pas autrement ; en fait, cet accommodement avec la moralité est un trait caractéristique des Russes. Le résultat final des luttes morales de Dostoïevski n’a rien non plus de glorieux. Après avoir mené les plus violents combats pour réconcilier les revendications pulsionnelles de l’individu avec les exigences de la communauté humaine, il aboutit à une position de repli, faite de soumission à l’autorité temporelle aussi bien que spirituelle, de respect craintif envers le Tsar et le Dieu des chrétiens, d’un nationalisme russe étroit, position que des esprits de moindre valeur ont rejointe à moindres frais. C’est là le point faible de cette grande personnalité. Dostoïevski n’a pas su être un éducateur et un libérateur des hommes, il s’est associé à ses geôliers ; l’avenir culturel de l’humanité lui devra peu de chose. Qu’il ait été condamné à un tel échec du fait de sa névrose, voilà qui paraît vraisemblable. Sa haute intelligence et la force de son amour pour l’humanité auraient pu lui ouvrir une autre voie, apostolique, de vie.


Auteur: Freud Sigmund

Info: Dostoïevski et le parricide

[ définition ] [ hypocrisie ] [ bonne conscience ] [ critique ] [ irresponsabilité ] [ psychanalyse ]

 
Commentaires: 1
Ajouté à la BD par Coli Masson

Ψ ← B ← Φ · Le seuil n'est plus un nombre : c'est une dérivée.

personnage insolite

I. Biographie et parcours

Jean-Pierre Brisset naît le 30 octobre 1837 à La Sauvagère (Orne), dans une famille de journaliers agricoles. Issu de ce milieu modeste, il quitte l'école à douze ans pour aider ses parents à la ferme, puis part à quinze ans comme apprenti pâtissier à Paris.

En 1855, il s'engage dans l'armée française et participe à plusieurs campagnes militaires qui lui permettent de se familiariser avec l'allemand et l'italien.

Après son service, il exerce diverses professions : inventeur (il dépose notamment des brevets pour des dispositifs de natation), professeur de langues vivantes en Allemagne, et surtout chef de gare aux chemins de fer, d'abord à Angers puis à L'Aigle. C'est dans ce contexte ferroviaire qu'il développe parallèlement son œuvre linguistique et philosophique, qu'il finance et publie à ses propres frais.

II. Œuvres principales et évolution doctrinale

L'œuvre de Brisset, publiée entre 1878 et 1917, se déploie en trois phases cohérentes :

1 - La phase " grammaticale " (1878-1883) : En 1878 paraît La Grammaire logique, ou Théorie d'une nouvelle analyse mathématique résolvant les questions les plus difficiles, brochure d'une cinquantaine de pages où il propose une méthode d'analyse linguistique censée résoudre tous les problèmes grammaticaux. Le 5 janvier 1883, il connaît une " illumination quasi mystique " qui lui révèle simultanément l'origine batracienne de l'homme et la clé de toutes les langues.

2 - La phase " théologico-prophétique " (1890-1900) : En 1890, il publie Le Mystère de Dieu est accompli, où il intègre ses découvertes linguistiques à une cosmogonie syncrétique mêlant mythes bibliques et païens. En 1900 paraît La Science de Dieu ou la Création de l'homme, son ouvrage le plus ambitieux, où il développe pleinement sa théorie de l'anthropogenèse aquatique .

3 - La phase " synthétique " (1917) : En 1917, à l'âge de 80 ans, il publie L'Homme et la Grenouille (parfois intitulé La Grande Nouvelle ou Comment l'homme descend de la grenouille), synthèse définitive de sa doctrine

III. Théorie centrale : l'origine batracienne du langage et de l'humanité

Brisset énonce un principe fondateur : " L'homme est né dans l'eau, son ancêtre est la grenouille et l'analyse des langues humaines apporte la preuve de cette théorie " Sa démonstration repose sur plusieurs piliers :

- L'étymologie délirante : Par des jeux de mots systématiques, il " démontre " que tous les mots dérivent du cri de la grenouille (coa, coax) ou de termes aquatiques. Ainsi, Eve devient grenouille (Eva, dono grenouille, Eh ! va dono grenouille ! Evadons, grenouille).

" Tous les hommes, toute l'humanité, ne forme qu'un corps, animé par un même esprit qui se confond avec la parole. "

Laquelle parole, " qui est Dieu, a conservé dans ses plis l'histoire du genre humain depuis le premier jour, et dans chaque idiome l'histoire de chaque peuple. " À la suite de Breton qui parlait de " son primitivisme intégral ", Patrice Delbourg écrit que la danse hallucinatoire des théories de Brisset " rend à la grammaire son vacarme primitif. S'ensuit une cascade vertigineuse d'équations, de vocables, une grande aventure du verbe où chaque nouveau bond fait surgir des richesses phonologiques induites par un léger, un inaudible glissement d'un mot à l'autre : “tu sais que c'est bien”, “tu sexe est bien” ; “salaud, sale eau, salle au prix, saloperie, etc,

Quelques exemples et citations

I : L'ire - Le premier i est le membre raide ou droit. La violence de l'érection créa l'ire ou la colère, fit jeter les premiers cris et aller de tous côtés. On peut dire que la vie commença par la lettre i, comme c'est par la laiterie que l'enfant commence à vivre.

L : La langue - L est la consonne des lèvres et de la langue; elle appelle vers le sexe, le premier lieu, l'yeu. Le langue à-jeu, le l'engage, le langage. Son origine est un appel au lèchement.

Q : La queue - Nous avons indiqué spécialement la valeur de queux à la lettre C. Les queues réelles causaient des querelles. Tu ma queue use, tu m'accuses. La queue use à sillon, l'accusation. Qui sexe queue use, sa queue use. "

Extraites de La Grammaire logique, résolvant toutes les difficultés et faisant connaître par l'analyse de la parole la formation des langues et celle du genre humain (1883).

- L'analogie morphologique : Il souligne les ressemblances physiques entre la grenouille et l'homme (forme du corps, position des membres, présence d'un cou " engoncé dans les épaules " chez la grenouille, qui se développerait avec l'apparition du sexe chez l'homme)

- La dimension pansexualiste : Comme le résume Guy Dureau, " la naissance de l'homme est liée à la sexualité " ; Brisset relie constamment l'évolution morphologique à des phénomènes sexuels primordiaux

Le principe de réversibilité linguistique : Il considère que les mots possèdent un " double fond " ; au-delà de leur sens apparent transparaît une signification cachée qui révèle l'origine aquatique de l'humanité.

IV. Méthodologie : le délire linguistique systématisé

Brisset n'est pas un simple fou qui joue avec les mots : son délire présente une rigueur systématique remarquable. Michel Foucault, qui préfacera en 1970 la réédition de La Grammaire logique, le situe au " point extrême du délire linguistique ".

Ses procédés incluent :

- La décomposition phonétique : fractionnement des mots en syllabes censées receler leur sens originel (grenouillegre-nou-ille, avec gre = eau, nou = nouveau-né, ille = île/étang).

- Le calembour généralisé : transformation continue d'un mot en un autre par glissements sonores (roirroiranagrenouille).

- La symétrie prophétique : les mots du présent " rappellent " ceux du passé ; la dérivation étymologique devient prophétie inversée

- L'autosuffisance argumentative : chaque " découverte " étymologique sert de preuve pour la suivante, créant un système clos et autoréférentiel.

Des études psychiatriques contemporaines analysent son cas comme un délire paraphrénique structuré, où l'activité délirante se déploie selon des schémas répétitifs et systématiques-.

V. Réception contemporaine : l'élection comme " Prince des Penseurs "

En janvier 1913, Brisset est élu " Prince des Penseurs " par 212 voix contre 55 à Henri Bergson lors d'un vote organisé par un comité d'avant-garde parisien.

Le 13 avril 1913, ce vieillard de 76 ans à la " vénérable barbe blanche bien taillée " et au " haut-de-forme désuet " est accueilli triomphalement à la gare Montparnasse par une foule d'artistes et d'intellectuels

Cette élection, orchestrée notamment par Jules Romains et des membres des Abbayes (mouvement littéraire pré-surréaliste), relève à la fois de l'hommage sincère et de la mystification collective.

Brisset meurt le 2 septembre 1919 à La Ferté-Macé (Orne), sans disciples directs et dans une relative indifférence médiatique

VI. Postérité littéraire et philosophique

A. Les surréalistes et l'avant-garde

Brisset devient une figure tutélaire pour plusieurs courants de l'avant-garde :

- Antonin Artaud l'admire profondément pour sa capacité à " briser la langue " et à atteindre une matérialité brute du signe. Artaud voit en lui un précurseur de sa propre quête d'un " théâtre de la cruauté " où le langage serait dépassé.

- Raymond Roussel et Marcel Duchamp reconnaissent en Brisset un maître du détournement linguistique systématique.

- Les pataphysiciens (dont Boris Vian) le considèrent comme un saint patron de la science imaginaire.

B. La redécouverte critique (années 1970-2000)

- Michel Foucault préface en 1970 la réédition de La Grammaire logique aux éditions Tchou, contribuant à légitimer Brisset comme objet d'étude philosophique

- Marc Décimo publie en 2001 Jean-Pierre Brisset, prince des Penseurs (Les Presses du réel), première monographie universitaire exhaustive .

- Les Presses du réel éditent en 2001 puis 2004 les Œuvres complètes de Brisset dans la collection " L'écart absolu ", faisant de lui un classique de la " littérature brute " .

C. Statut contemporain

Brisset est aujourd'hui reconnu comme l'un des plus remarquables exemples de " fou littéraire " — catégorie désignant des auteurs dont la folie structure une œuvre littéraire singulière

Il incarne également :

- Un cas limite pour la linguistique historique et l'étymologie populaire.

- Une figure emblématique de l'outsider

- Un précurseur inconscient du déconstructionnisme (Derrida) et des théories postmodernes sur l'arbitraire du signe

VII. Analyse critique : folie ou génie poétique ?

La question du statut de Brisset demeure ouverte :

- Approche psychiatrique : Son délire relève clairement d'une psychose chronique (paraphrénie) avec système interprétatif envahissant

- Approche littéraire : Comme le note un critique, " Brisset a passé une bonne partie de sa vie à démonter et à briser la langue " pour en révéler les virtualités poétiques insoupçonnées

Son œuvre constitue une " construction poétique hallucinante "

Approche philosophique : Foucault y voit une expérience limite du langage qui interroge les fondements mêmes de la rationalité occidentale. Brisset " pénètre intimement le réel " par une ivresse linguistique qui ne nie pas le monde mais en révèle une épaisseur cachée.

VIII. Conclusion : une œuvre à la croisée des chemins

Jean-Pierre Brisset incarne une figure paradoxale : autodidacte issu du peuple, cheminot modeste devenu " Prince des Penseurs ", théoricien marginal dont l'œuvre fascine les plus grands esprits du XXᵉ siècle. Son délire linguistique, fondé sur l'étymologie fantaisiste et l'obsession batracienne, constitue à la fois :

- Un cas clinique exemplaire de système délirant structuré.

- Une expérience poétique radicale sur les pouvoirs du signe.

- Une critique inconsciente de l'arbitraire linguistique et des prétentions scientifiques de la philologie du XIXᵉ siècle.

- Un monument de la littérature brute, dont la force réside dans cette tension entre folie systématique et inventivité verbale inépuisable.

Comme l'écrivait Walter Redfern dans son étude All Puns Intended : chez Brisset, le calembour cesse d'être un jeu pour devenir une cosmogonie — et c'est précisément dans cette folle ambition que réside sa grandeur littéraire.






Auteur: Internet

Info: Synthèse de Qwen-ai, mis en forme par Mg et complétée de plusieurs autres sources, Wikipedia, etc

[ humour ] [ ouverture idiosyncrasique ] [ dérision ] [ poésie incarnée ] [ paraphrène ] [ trickster ] [ art brut ] [ homophones ] [ théologie marrante ] [ rigolo ] [ écrivain ]

 

Commentaires: 0

Ajouté à la BD par miguel

Ψ → B → Φ · Le sol parle avant le langage.

répartie

A un monsieur dont les deux fils devinrent des musiciens reconnus et médiatisés

- Comment avez-vous fait pour avoir deux enfants aussi géniaux ?

- Comme tout le monde.

Auteur: Internet

Info:

 

Commentaires: 0

Ajouté à la BD par miguel

pouvoir sémantique

Et le 5 janvier, alors qu’il achève son ouvrage de grammaire, Brisset assure que " le latin est ce qu’il a toujours été : un langage artificiel ", un jeu semblable à celui qu’il construisait enfant, " une œuvre d’hommes, un argot " inventé par des chefs, des maîtres et des savants pour opprimer et piller " les braves gens ".

Auteur: Décimo Marc

Info: Jean-Pierre Brisset, Prince des Penseur, inventeur, grammairien et prophète

[ savoir du maitre ]

 

Commentaires: 0

Ajouté à la BD par miguel

Ψ → B → Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.

éducation

L’instituteur, s’il est irréprochable, plein de bonne volonté et zélé, se heurte à l’indifférence des parents et du maire sous la tutelle duquel il est placé. Qu’il se plaigne du manque de livres, de tableaux, de cahiers lithographiés pour l’écriture et quelle que soit sa patience à l’égard des élèves, les résultats s’avèrent médiocres. Il est aimé des enfants qu’il se garde de châtier corporellement et des parents dont il conserve l’estime. Néanmoins, peu d’élèves en quittant l’école communale savent lire, écrire ; ils n’ont aucune notion de grammaire et leurs connaissances arithmétiques restent très faibles. Il est vrai qu’en plus des absences si nombreuses, les parents attendent les huit, neuf, dix ans même, pour mettre à l’école les enfants et que, de toute façon, ils les retirent au plus tard à douze ans. Ici, comme partout, l’esprit dominant c’est surtout le grand désir de ne faire aucune dépense pour sortir de l’ignorance.


Auteur: Décimo Marc

Info: Jean-Pierre Brisset, Prince des Penseur, inventeur, grammairien et prophète

[ campagnarde ] [ historique ]

 

Commentaires: 0

Ajouté à la BD par miguel

Ψ → B → Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.

enfant lecteur

Le petit Jean-Pierre aime se retirer dans quelque coin de la campagne pour s’isoler et lire. Toujours plongé dans les n’importe-quels-livres qu’il trouve, il laisse très très sceptique son entourage… des livres, toujours des livres, c’est bien du temps perdu quand on a à travailler les champs, durement, et toute sa vie. Pour s’être courbé toujours sur la terre et avoir soigné inlassablement semailles et plantations, on ne comprend guère quel est le fruit récolté dans les livres ou quelques vieux journaux perdus, oubliés. Une vache, ça fait du lait, une poule des œufs, des pommiers des fruits et ces fruits du cidre et du calva, mais les livres ? A quoi bon les livres ? Et le ventre qui risque de sonner creux… et de gargouiller…


Auteur: Décimo Marc

Info: Jean-Pierre Brisset, Prince des Penseur, inventeur, grammairien et prophète

[ agriculteurs ] [ paysan ] [ hors-sol ]

 

Commentaires: 0

Ajouté à la BD par miguel

Ψ → B → Φ · Ne célébrez pas la complexité avant d'avoir compris la disponibilité.

sémasiologie

Le sens complet d'un mot dépend toujours du contexte, et aucune étude du sens dissociée du contexte ne peut être prise au sérieux.



Auteur: Firth John Rupert

Info: La technique de la sémantique. 1935, p. 37

[ termes ] [ associations ]

 

Commentaires: 0

Ajouté à la BD par miguel

Ψ ⇒ B ⇒ Φ · Une occurrence isolée de B est structurellement inefficace.

être humain

L'animal phonétique par excellence est l'homme. Tous les hommes naissent avec une capacité infinie à produire des bruits et à les utiliser.

Auteur: Firth John Rupert

Info: Papers in Linguistics 1934-1951, 1964, p. 141

[ phonateur ] [ particulier ]

 

Commentaires: 0

Ajouté à la BD par miguel

Ψ ↔ B ↔ Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.

langage

Ma voix ne m’appartient pas. Chaque fois que je prononce une phrase, je pense à toutes ces personnes, pendant des générations, dont la voix est restée inaudible. Au mieux, on se souviendra d’elles comme de simples numéros ; souvent, même ces numéros n’existent plus.

Auteur: Ai Weiwei

Info: Chaque jour je me dis : aujourd'hui sera le jour où je me ferai à nouveau avoir… 2010

[ locuteurs ] [ anonymes ] [ dérisoires ]

 

Commentaires: 0

Ajouté à la BD par miguel

Ψ ⇒ B ⇒ Φ · Ne célébrez pas la complexité avant d'avoir compris la disponibilité.

efficacité

La vraie maîtrise est dans l’économie des mouvements : l’expert atteint son but sans détours ni protection.


Auteur: Lee Bruce

Info: Je ne frappe pas ; ma main est déjà là

[ rapidité ] [ expertise ] [ combat rapproché ]

 

Commentaires: 0

Ajouté à la BD par miguel

Ψ → B → Φ · La transduction précède la computation.