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concept psychanalytique

La vraie question qui se pose, ça n'est pas :

"Est-ce que c'est ça l'analyse, là où elle commence, en fin de compte : une introduction du sujet à son destin ?"

Bien sûr que non ! Ce serait nous placer dans une position démiurgique qui n'a jamais été celle occupée par l'analyste. Mais alors pour rester à ce niveau tout à fait de départ et massif, il y a une sorte de formule qui prend bien sa valeur de se dégager tout naturellement de ces façons de poser la question (qui en valent bien d'autres).

C'était avant que nous nous croyions assez malins et assez forts pour parler de je ne sais quoi qui serait "une normale". En fait, nous ne nous sommes jamais crus si forts ni si malins, pour ne pas sentir tant soit peu flageoler notre plume, chaque fois que nous sommes attaqués à ce sujet de ce que c'est qu'une normale, mais JONES a écrit là-dessus un article, il faut dire qu'il n'avait pas froid aux yeux, il faut dire aussi qu'il s'en tire pas trop mal, mais aussi on voit la difficulté. Quoi qu'il en soit il faut bien que nous mettions l'accent là-dessus, c'est que ça n'est vraiment que par un escamotage que nous pouvons même faire entrer en jeu une notion quelconque dans l'analyse, de normalisation.

C'est par une partialisation théorique, c'est quand nous considérons les choses sous un certain angle, quand nous nous mettons par exemple à parler de "maturation instinctive", comme si c'était là tout ce dont il s'agit. Nous nous livrons alors à ces extraordinaires ratiocinations confinant à une pêcherie moralisante qui est tellement de nature à inspirer la méfiance et le recul. Faire entrer sans plus une notion "normale" de quoi que ce soit qui ait un rapport quel qu'il soit avec notre praxis, alors que justement ce que nous y découvrons, c'est à quel point le sujet prétendu, dit "normal" est justement ce qui est fait pour nous inspirer, quant à ce qui permet ses apparences, la suspicion la plus radicale et la plus assurée, quant à ces résultats. Il faut tout de même savoir si nous sommes capables d'employer la notion de normal pour quoi que ce soit qui soit à l'horizon de notre pratique.

Alors limitons-nous pour l'instant à la question.

Auteur: Lacan Jacques

Info: Leçon du 14 mai 1958 du Séminaire V, Les formations de l'inconscient.

[ . ]

 

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Ψ → B → Φ · Ne célébrez pas la complexité avant d'avoir compris la disponibilité.

dépossession structurante

Après tout ce n’est pas une histoire faite pour tellement nous étonner, nous qui sommes déjà un peu durcis par l’expérience, que la castration en somme ce soit quelque chose de fabriqué comme ça : soustraire à quelqu’un son désir, et en échange c’est lui qu’on donne à quelqu’un d’autre, dans l’occasion à l’ordre social.

[…] Il y a tout de même quelque chose aussi qu’il faut que j’accroche avant de vous quitter, c’est que c’est pas complet de résumer en quelque sorte ainsi les effets sur l’homme de ceci qu’il devient sujet de la loi. Ce n’est pas seulement de ce que tout ce qui est du cœur, de soi, lui est retiré, et que lui-même soit donné en échange au train-train de cette trame qui noue entre elles des générations, c’est que, pour justement que ce soit une trame qui noue entre elles des générations, une fois close cette opération dont vous voyez la curieuse conjugaison d’un moins qui ne se redouble pas d’un plus, eh bien il doit encore quelque chose une fois close cette opération.

Auteur: Lacan Jacques

Info: Séminaire IV, 1956-57

[ aliénation ] [  amputation ] [  dette ] [  don-forcé ] [ assujettissement ] [ héritage ] [  manque ] [  résidu ]

 

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Ajouté à la BD par miguel

Ψ ↔ B ↔ Φ · L'eau ne pense pas : elle fait circuler.

société

C'est pourquoi l'universel qui est présent n'est qu'une résistance et une lutte universelle de tous contre tous, dans laquelle chacun fait valoir sa propre singularité, mais en même temps n'y parvient pas, parce qu'elle rencontre la même résistance, et est mutuellement dissoute par les autres. Ce qui, donc, semble être un ordre public, c'est cet enquerellement universel où chacun tire à soi ce qu'il peut, exercer la justice sur la singularité des autres et fermement la sienne, laquelle pareillement disparaît à son tour par l'intervention d'autres. Cet ordre, c'est le cours du monde, l'apparence d'une marche durable, qui n'est qu'une universalité présumée par le point de vue intime, et dont le contenu est au contraire le jeu inepte et inessentiel où s'installe et se dissout tour à tour les singularités.

Auteur: Hegel Georg Wilhelm

Info: Phénoménologie de l'Esprit, Le cours du monde, chapitre 4 - Chacun tire une corde qui n'existe pas. On appelle ça : l'ordre.

[ chaos normatif ] [  conflits ] [  dissolution ] [   singularités ] [  illusions ]

 

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Ajouté à la BD par miguel

Ψ ← B ← Φ · Le carbone sp³ pense avant vous.

emmerdement

Il y a un moment auquel vous ne pensez pas assez, j’en suis persuadé, parce que vous y vivez comme dans votre air natal, si je puis dire, ça s’appelle l’ennui. Vous n’avez peut-être jamais bien réfléchi à quel point l’ennui est typiquement quelque chose qui arrive même à se formuler de la façon la plus claire : qu’on voudrait autre chose.

On veut bien manger de la merde mais pas toujours la même. Ça, ce sont des espèces d’alibis, d’alibis formulés, déjà symbolisés de ceci, qui est ce rapport essentiel avec autre chose. Je voudrais terminer là-dessus. Vous pourriez croire que tout d’un coup je tombe dans le romantisme et dans le vague à l’âme. Vous voyez ça : le désir, la claustration, la veille - j’allais presque vous dire la prière pendant que j’y étais ! Pourquoi pas ? L’ennui, où est-ce qu’il va, où est-ce qu’il glisse ?

Mais non. Ce sur quoi je voudrais attirer votre attention c’est sur ces diverses manifestations de la présence de l’autre chose en tant que - réfléchissez-y - elles sont institutionnalisées.

Vous pouvez faire un classement de toutes les formations humaines en tant qu’elles installent les hommes où qu’ils aillent et partout. Ce qu’on appelle les formations collectives d’après la satisfaction qu’elles donnent à ces différents modes de la relation à autre chose.

Dès que l’homme arrive quelque part, il fait des bêtises, c’est-à-dire l’endroit où est véritablement le désir. Dès qu’il arrive quelque part, il attend quelque chose : un meilleur monde, un monde futur.

Il est là, il veille, il attend la révolution, mais surtout - et surtout dès qu’il arrive quelque part - il est excessivement important que toutes ses occupations suent l’ennui. En d’autres termes, une occupation ne commence à devenir sérieuse que quand ce qui la constitue, c’est-à-dire en général la régularité, est devenu parfaitement ennuyeux.

Et en particulier, songez à tout ce qui, dans votre pratique analytique, est très exactement fait pour que vous vous y ennuyiez. Tout est là. Une grande partie tout au moins des prescriptions, ce qu’on appelle règles techniques à observer par l’analyste, ne sont pas dans leur fond autre chose que de donner à cette occupation toutes les garanties de ce qu’on appelle son standard professionnel.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 15 janvier 1958

[ variations ] [ principe de plaisir ] [ confort psychique ] [ monotonie ] [ insatisfaction ]

 
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Ψ → B → Φ · Le silence n'est pas un vide, mais une porosité.

structure

Et puis, la claustration. C’est tout de même une dimension tout à fait essentielle : dès qu’un homme arrive quelque part, dans la forêt vierge ou dans le désert, il commence par s’enfermer. Au besoin, comme on dit, il emporterait deux fenêtres pour se faire des courants d’air entre elles, même s’il n’avait que ça.

Cette claustration, c’est aussi une dimension tout à fait essentielle : il s’agit d’établir un intérieur, et puis ce n’est pas simplement une notion d’intérieur et d’extérieur, c’est la notion de l’autre, ce qui est autre comme tel, ce qui n’est pas l’endroit où on est bien calfeutré. Et je dirai plus : si vous exploriez d’une façon un peu plus profonde cette phénoménologie, comme on dirait, de la claustration, vous vous apercevriez à quel point c’est absurde de limiter la fonction de la peur à ce qu’on appelle une relation avec un danger réel. La liaison étroite de la peur avec la sécurité devrait vous être manifestée de la façon la plus claire par la phénoménologie de la phobie.

Vous vous apercevriez que chez le phobique, ses moments d’angoisse, c’est quand il s’aperçoit qu’il a perdu sa peur, au moment où vous commencez un peu à lui lever sa phobie.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 15 janvier 1958

[ ordre symbolique ] [ angoisse ] [ prévisible ] [ refuge ] [ terrier ]

 
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Ψ → B → Φ · Aligner les seuils, pas les horloges.

nom-du-père

Ce qui se passe au niveau de l’identification idéale, niveau où le père se fait préférer à la mère, point essentiel et point de sortie de l’œdipe, c’est quelque chose qui doit littéralement aboutir à la privation alors que tout ceci est tout à fait admissible et tout à fait conformisant.

Encore que ce n’est jamais réalisé complètement chez la femme comme issue de l’œdipe, car il lui reste toujours ce petit arrière-goût - ce qui s’appelle le Penisneid - qui prouve donc que ça ne marche pas vraiment rigoureusement. Mais dans le cas où ça doit marcher, si nous nous en tenons à ce schéma, le garçon, lui, devrait être toujours châtré. Il y a donc quelque chose qui cloche, qui manque dans notre explication.

Essayons maintenant d’introduire la solution. La solution est celle-ci : c’est que le père, je ne dis pas dans la famille… dans la famille il est tout ce qu’il veut, il est une ombre, il est un banquier, il est tout ce qu’il doit être, il l’est ou il ne l’est pas, cela a toute son importance à l’occasion, mais ça peut aussi bien n’en avoir aucune …toute la question est de savoir ce qu’il est dans le complexe d’Œdipe.

Eh bien, le père n’est pas un objet réel : même s’il doit intervenir en tant qu’ objet réel pour donner corps à la castration, il n’est pas un objet réel. Alors qu’est-ce qu’il est ? Il n’est pas uniquement non plus cet objet idéal, parce que du côté de cet objet il ne peut arriver que des accidents. Or quand même, le complexe d’Œdipe n’est pas uniquement une catastrophe puisque c’est le fondement et la base de notre relation à la culture, comme on dit.

Alors naturellement, vous allez me dire : "Le père, c’est le père symbolique, vous l’avez déjà dit." Mais si je n’avais que cela à vous répéter... Je vous l’ai déjà assez dit pour ne pas vous l’apporter aujourd’hui. Ce que je vous apporte aujourd’hui, et ce qui justement permet d’apporter un peu plus de précision à cette notion de père symbolique, c’est ceci : le père est une métaphore.

Une métaphore, qu’est-ce que c’est ? Disons-le tout de suite pour le mettre sur le tableau, ce qui va nous permettre de rectifier les conséquences scabreuses du tableau. Une métaphore, je vous l’ai déjà expliqué, c’est un signifiant qui vient à la place d’un autre signifiant. Je dis :

"Le père, dans le complexe d’Œdipe... même si cela doit ahurir les oreilles de certains, je dis exactement : ...le père est un signifiant substitué à un autre signifiant."

Et là est le ressort, et l’unique ressort essentiel du père en tant qu’il intervient dans le complexe d’Œdipe. Et si ce n’est pas à ce niveau que vous cherchez les carences paternelles, vous ne les trouverez nulle part ailleurs. La fonction du père dans le complexe d’Œdipe, est d’être un signifiant substitué au signifiant, c’est-à-dire au premier signifiant introduit dans la symbolisation, le signifiant maternel.

C’est pour autant que le père vient, selon la formule que je vous ai expliquée une fois être celle de la métaphore, vient à la place de la mère : S à la place de S’, qui est la mère déjà liée à quelque chose qui était x, c’est-à-dire quelque chose qui était le signifié dans le rapport de l’enfant à la mère [...].

La question est : où est le signifié ? "Qu’est-ce qu’elle veut, celle-là ? Je voudrais bien que ce soit moi qu’elle veuille, mais il est bien clair qu’il n’y a pas que moi qu’elle veut, il y a autre chose qui la travaille". Ce qui la travaille, c’est le x, c’est le signifié. En somme, pour vous résumer mon séminaire de l’année dernière, la question n’est pas dans les relations d’objet : mettre cela au centre de la relation d’objet, c’est pure bêtise. L’enfant est, lui, l’objet partiel.

C’est parce que d’abord il est l’objet partiel qu’il est amené à se demander : "Qu’est-ce que ça veut dire qu’elle aille et qu’elle vienne ?". Ce signifié des allées et venues de la mère c’est le phallus. L’enfant, avec plus ou moins d’astuce, plus ou moins de chance, peut arriver très tôt à se faire phallus une fois qu’il a compris.

Mais la voie imaginaire n’est pas la voie normale, c’est d’ailleurs pour cela qu’elle entraîne ce qu’on appelle des fixations, et puis elle n’est pas normale parce qu’en fin de compte, comme je vous le dirai, elle n’est jamais pure, elle n’est pas complètement accessible, elle laisse toujours quelque chose d’approximatif et d’insondable, voire de duel, qui fait tout le polymorphisme de la perversion.

Mais par la voie symbolique, c’est-à-dire par la voie métaphorique, […] c’est en tant que le père se substitue à la mère comme signifiant que va se produire ce résultat ordinaire de la métaphore, celui qui est exprimé dans la formule au tableau.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 15 janvier 1958

[ différence sexuelle ] [ sujet de l'inconscient ]

 

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Ajouté à la BD par Coli Masson

Ψ → B → Φ · L'émotion traverse le temps comme l'eau traverse le sol.

concept psychanalytique

Et puis, il y a autre chose que nous apporte dès l’abord l’examen du complexe d’Œdipe, je veux dire la façon dont il est articulé, présenté par l’expérience, par la théorie, par FREUD. C’est la délicate question de l’œdipe inversé.

[…] Cet œdipe inversé n’est jamais absent de la fonction de l’œdipe, je veux dire que la composante d’amour pour le père ne peut pas être éludée, c’est que c’est elle qui donne la fin du complexe d’Œdipe, le déclin du complexe d’Œdipe. Que c’est dans une dialectique qui reste très ambiguë de l’amour et de l’identification, à savoir de l’identification comme prenant sa racine dans l’amour, tout en n’étant pas la même chose. Ce n’est pas la même chose, néanmoins les deux termes sont étroitement liés et absolument indissociables.

Lisez l’article que FREUD a écrit sur le déclin du complexe, dans l’explication qu’il donne de l’identification terminale qui en est la solution : c’est pour autant que le père est aimé que le sujet s’identifie à lui et qu’il trouve la solution, le terme de l’œdipe :

– d’une part dans cette composition du refoulement amnésique,

– et d’autre part, cette acquisition en lui de ce terme idéal grâce à quoi il devient père. Il peut devenir lui aussi quelqu’un qui - je ne dis pas d’ores et déjà et immédiatement - est un petit mâle, qui si je puis dire, a déjà ses titres en poche, l’affaire en réserve. Quand le temps viendra, si les choses vont bien - si les petits cochons ne le mangent pas - au moment de la puberté, il a son pénis tout prêt avec son certificat : "Papa est là pour me l’avoir, à la bonne date, conféré." Cela ne se passe pas comme ça si la névrose éclate parce qu’il y a quelque chose justement de pas régulier sur le titre en question.

Seulement l’œdipe inversé n’est pas non plus si simple : c’est par cette voie, et par cette voie de l’amour, que peut se produire la position à proprement parler d’inversion, c’est à savoir que le sujet se trouve aussi par la même voie, à l’occasion donnée non pas d’une identification bénéfique, mais d’une brave et bonne petite position passivée sur le plan inconscient, qui fera aussi sa réapparition à la bonne date, c’est-à-dire qui le mettra dans cette espèce de bissectrice d’angle, squeeze-panic, qui fera qu’il se trouvera pris dans une position qu’il a découverte tout seul et qui est bien avantageuse :

Ce père qui est redoutable, qui a interdit tellement de choses mais qui est bien gentil ailleurs, c’est de se mettre à la bonne place pour avoir ses faveurs, c’est-à-dire se faire aimer de lui. Mais comme se faire aimer de lui consiste bien apparemment, consiste à passer d’abord au rang de femme et qu’on garde toujours son petit amour-propre viril... c’est ce que FREUD nous explique : se faire aimer du père comporte le danger de la castration d’où cette forme d’homosexualité inconsciente qui met le sujet dans cette position essentiellement conflictuelle, aux retentissements multiples et qui est :

– d’une part, du retour toujours de la position homosexuelle à l’égard du père,

– et d’autre part, de sa suspension, c’est-à-dire son refoulement en raison de la menace de castration qu’elle comporte.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 15 janvier 1958

[ ambivalence ] [ curseur de positionnement ]

 

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Ψ ⇒ B ⇒ Φ · Le sol parle avant le langage.

métaphore paternelle

Questions qui représentent l’absence du père : est-ce qu’un œdipe peut se constituer de façon normale quand il n’y a pas de père, par exemple ? Ce sont des questions assurément qui sont en elles-mêmes très intéressantes, et je dirai plus, c’est par là que se sont introduits, en somme, les premiers paradoxes, ceux qui ont fait se poser les questions qui ont suivi. On s’est aperçu que ce n’était pas si simple, qu’un œdipe pouvait très bien se constituer même quand le père n’était pas là.

Au début même, on croyait toujours que c’était par quelque excès, si l’on peut dire, présence par excès du père, qu’étaient engendrés tous les drames au temps où l’image du père terrifique était considérée comme l’élément lésionnel. Dans la névrose, on s’est très vite aperçu que c’était encore plus grave quand il était trop gentil !

On a fait ces écoles avec lenteur, et c’est à l’intérieur de cela d’abord que je vous parle à peu près de la question où les choses en sont maintenant, et c’est à l’intérieur de cela que je vais essayer de remettre un peu d’ordre pour voir où sont les paradoxes.

Nous en sommes maintenant à l’autre bout, à nous interroger sur les "carences paternelles" : il y a ce qu’on appelle les pères faibles, les pères soumis, les pères matés, les pères châtrés par leur femme, enfin les pères infirmes, les pères aveugles, les pères bancroches, tout ce que vous voudrez. Il faudrait quand même essayer de s’apercevoir de ce qui se dégage d’une telle situation. Nous essayons de trouver des formules minimales qui nous permettent de progresser. D’abord la question de sa présence ou de son absence, je veux dire concrète.

Si nous nous plaçons justement au niveau où se placent ces recherches, c’est-à-dire au niveau de la réalité - c’est ce qu’on appelle l’environnement, en tant qu’élément d’environnement, si l’on peut dire - on peut dire qu’il est tout à fait possible, concevable, réalisé, touchable par l’expérience, qu’il soit là, même quand il n’est pas là. Ce qui déjà, devrait nous inciter à une certaine prudence concernant la fonction du père, dans le maniement du point de vue purement et simplement environnementaliste.

Des complexes d’Œdipe tout à fait normaux, normaux dans les deux sens :

– normaux en tant que normalisants, d’une part,

– et aussi normaux en tant qu’ils dénormalisent, je veux dire par leur effet névrosant, par exemple s’établissent d’une façon exactement homogène aux autres cas, même dans les cas où le père n’est pas là, je veux dire quand l’enfant a été laissé seul avec sa mère. Première chose qui doit attirer notre attention.

En ce qui concerne la carence, je voudrais simplement vous faire remarquer que quand le père est carent, dans la mesure où on parle de carence on ne sait jamais en quoi, parce que :

– si dans certains cas on dit qu’il est trop gentil, cela semblerait vouloir dire qu’il faut qu’il soit méchant !

– D’autre part, le fait que, manifestement, il puisse être trop méchant implique qu’il vaudrait peut–être mieux de temps en temps être gentil !

En fin de compte, depuis longtemps on a fait le tour de ce petit manège. On a entrevu le problème de sa carence non pas d’une façon directe, concernant directement le sujet, l’enfant dont il s’agit mais, comme c’était évident depuis le premier abord, c’est en tant que membre du trio fondamental, ternaire, de la famille, c’est-à-dire en tant que tenant sa place dans la famille, qu’on pouvait commencer à dire des choses un peu plus efficaces concernant la carence. Mais on n’est pas arrivé pour autant à les formuler mieux.

[…]

Je crois que cette question de la carence du père, nous allons y venir, nous y reviendrons, mais on entre ici dans un monde tellement mouvant qu’il faut essayer de faire la distinction qui nous permette de voir en quoi la recherche pèche. La recherche pèche, non pas à cause de ce qu’elle trouve, mais à cause de ce qu’elle cherche. Je crois que la faute d’orientation est celle-ci : c’est qu’on confond deux choses, qui ont un rapport mais qui ne se confondent pas, c’est le rapport au père en tant que normatif, avec le père en tant que normal.

Bien entendu, le père peut être dénormativant en tant que lui-même n’est pas normal, mais là, c’est rejeter la question au niveau de la structure névrotique, psychotique, du père. Donc, la question du père normal est une question, la question de sa position normale dans la famille en est une autre, et cette autre question ne se confond pas encore - c’est le troisième point que je vous avance, qui est important - ne se confond pas avec une définition exacte de son rôle normativant.

Parce que je vous dis ceci : parler de sa carence dans la famille, n’est pas parler de sa carence dans le complexe. Parce que, pour parler de sa carence dans le complexe, il faut introduire une autre dimension que la dimension réaliste, si je puis dire, celle qui est définie par le mode caractérologique, biographique ou autre, de sa présence dans la famille. Voilà la direction où nous allons faire le pas suivant.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 15 janvier 1958

[ exceptions à la règle théorique ] [ correction ] [ objections ] [ remise en question ] [ symbolique ]

 

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Ψ ⇒ B ⇒ Φ · Ne célébrez pas la complexité avant d'avoir compris la disponibilité.

analyste-sur-analyste

Dans une œuvre, comme dans toute production en paroles, il y a deux plans :

– il y a ce qu’elle dit, ce qu’elle formule dans son discours comme tel,

– et ce qu’elle veut dire, parce que dans leur sens, séparant le "veut" et le "dire", il y a son intention.

Et puis il semble que nous ne serions pas analystes, tel que j’essaye de faire entendre les choses ici, si nous ne savions pas qu’elle en dit quelquefois un petit peu plus au-delà. C’est même d’habitude en cela que consiste notre approche : c’est de voir ce qu’elle dit au-delà de ce qu’elle veut dire. L’œuvre de Mélanie KLEIN dit des choses qui ont d’ailleurs toute leur importance, qui ont quelquefois d’ailleurs - rien que par leur texte - leur contradiction interne, de ce seul fait qu’elles peuvent être sujettes à certaines critiques qui ont été faites.

Puis il y a aussi ce qu’elle dit sans vouloir le dire. Et une des choses les plus frappantes à cet endroit, c’est que cette femme qui nous a apporté des vues si profondes, si éclairantes sur ce qui se passe, non seulement dans le temps pré-œdipien, mais sur les enfants qu’elle examine, qu’elle analyse à une étape présumée pré-œdipienne, […] il est tout à fait frappant que ce soit dans la mesure même où elle remonte plus au temps de l’histoire prétendue pré-œdipienne qu’elle y voit toujours et tout le temps une permanence de la rogation œdipienne.

Auteur: Lacan Jacques

Info: 18 janvier 1958

[ énoncé-énonciation ] [ inconscient ] [ complexe d'Œdipe ]

 

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Ψ ← B ← Φ · La pensée n'est pas dans la tête. Elle passe à travers.

vacherie

Á propos du film documentaire " Melania* " : Si ce film était diffusé dans un avion, les gens quitteraient quand même la salle.


Auteur: Internet

Info: Le Monde, 10 février 2026 - Commentaire sur les réseaux sociaux par les opposants de *Trump.

[ première dame ] [ humour ]

 

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Ψ → B → Φ · La transduction précède la computation.